jeudi 10 juillet 2014
Tu savais pas?
Tu savais pas? T'es sûr? Pourtant ...
Tu n'as pas vu mes quelques 78 statuts Facebook sur le sujet? Tu sais, ceux où je te tenais informé jour après jour de l'alimentation parfaitement équilibrée et naturellement saine que je prodigue à mon bébé en l'allaitant? Je suis si heureuse que Zuckerberg me permette maintenant de montrer à tous le scintillant bonheur qui m'anime lorsque je rempli mon bébé de lait. Tu n'as pas non plus vu ma photo de profil, où je partage avec la planète l'extase émouvante d'une communion sacrée entre une mère et son fils? Arrête. J'suis sûre que tu l'as vue, on y voyait même mon autre toton qui faisait des tatas. Non? Ah bon.
Tu ne m'as pas vue, sur ton fil Facebook, en train d'allaiter, totons à l'air et gerçures au frais, pendant que je portais mon garçon dans un sling en coton bio? C'était juste après la photo où j'allaitais dans la piscine et avant celle où on voit bébé couché sur le torse nu de mon chum, la bouche grande ouverte comme s'il lui sucottait le mamelon! Haha! C'est sûr que tu l'as vue celle-là! Trop drôle. ... Non? T'es certain?
Tu ne savais pas que j'avais même été allaiter dans une rassemblement de mamans qui allaitent lors du dernier congrès des mères allaitantes associées et enregistrées? On en a fait un vidéo qui a été vu des milliers de fois sur YouTube. La tivi était là, tout le gros it. Ils ont tout filmé, partout y'avait plein de bébés qui se bourraient la face goulûment, leur p'tit nez enfoui dans nos gros lolos! Allaiter c'est bien, mais allaiter toutes ensembles sur une p'tite chaise carrée ben alignées devant un stage dans un sous-sol d'église, c'est magique! Faut vraiment que tu voies ça.
Dans ce cas, tu as sûrement entendu parler au moins une fois, au détour d'une conversation ou peut-être même aux nouvelles, du fait que j'ai allaité? Ce que veux dire, c'est que ça intéresse tout le monde de savoir que j'ai donné le sein, alors je me fais un devoir de répendre la Bonne Nouvelle. C'est d'ailleurs le mandat que je me suis donnée en partageant mon expérience laiteuse avec tous mes proches. Et avec les voisins et un coup parti, tout le quartier. De toute façon, tel est mon droit, après tout. J'ai donné la vie, môa.
Ça ne te dit vraiment rien? Dans ce cas, tu dois sûrement être au courant que j'ai courru 37 km en 10 minutes non? Pourtant ... je m'efforce d'en informer tout Facebook aux deux, trois jours maximum.
Ça intéresse tout le monde, tout le monde sait ça.
lundi 5 mai 2014
On lira quand on sera mort.
jeudi 10 avril 2014
La journée avait pourtant bien commencé ... (suite et fin)
mercredi 9 avril 2014
La journée avait pourtant bien commencé ... (2 de 3)
mardi 8 avril 2014
La journée avait pourtant bien commencé ...
dimanche 17 février 2013
C'est plate. Comme dans plate de chez Plate.
Habituellement je ne suis pas du genre à me plaindre, mais là, c'est plate.
Après deux ans de valeureux efforts et d'énergies énergiquement dépensées, mais surtout d'un don de soi exceptionnel (surtout pour l'Homme, ce bout-là) l'arbre de notre amour a fini par donner des fruits. Un fruit, en fait. Qui sera mûr à la mi-juillet, mais cueilli une semaine avant grâce aux bons soins de notre médecine moderne.
D'ici la récolte des nuits blanches et des couches empestant le méconium, je suis retirée du travail, mon organisme n'ayant pas cru bon se prémunir contre les attaques dues au parvovirus. Virus également connu pour son 5e rang dans la grande liste des maladies. Ses amis l'appellent aussi l'érythème infectieux. Pis les anglos le slapped cheek syndrome. Bref, j'suis pas immunisée, donc retirée de l'école où j'enseigne, donc à la maison à longueur de longues longues journées.
Pis c'est pas pour moi. Je comprends parfaitement que certaines personnes (et même, de plus en plus d'hommes!) trouvent le bonheur dans la douceur de leur foyer, mais ce n'est pas mon cas. Je trouve mes journées affreusement, mortellement, ennuyeusement ... plates.
J'en profite pour passer du temps avec fiston, pour aider Bones à résoudre des énigmes criminelles grâce à mes absentes connaissances anthropologico-médicales, pour me reposer, lire et aller au cinéma. Je trouve même un peu de temps pour procrastiner sur cette diabolique invention chronophage qu'est Facebook. C'est tout dire. En désespoir de cause je me suis inscrite à l'université pour tenter de combattre l'ennui par le manque de temps et je devrais commencer des études à distance ... quand l'administration aura complété mon inscription, c'est-à-dire dans mille ans. D'ici là, vous l'aurez deviné ... c'est plate.
Vendredi prochain nous connaîtrons peut-être le sexe du fruit défendu (nous ne sommes pas mariés) et j'aurai un nouveau déversoir pour mon ennui dans la préparation du comité d'accueil de cet hériter deuxième; je pourrai intoxiquer la morosité avec les effluves de peinture et noyer la langueur dans l'eau de lavage des couches.
Le mois prochain les premiers cuicuis printaniers me permettront de dépoussiérer l'ennui dans une valse endiablée de ménage de saison et les rayons ensoleillés chargés d'une douceur toujours plus chaude me permettront de balayer à l'extérieur les restants de spleen hivernal. Mais pendant que nos amis à poil hivernent toujours ... je suis lasse, très très, lasse.
Je sais, je sais, je vous entends d'ici me dire que je ne suis pas à plaindre, que ça pourrait être pire, que je pourrais être en train de travailler à m'en fendre le crâne, de corriger des gratte-ciel de copies, de discipliner des étudiants ne sachant même pas épeler discipline ... D'autres m'en voudront de me lamenter le ventre plein alors que tant d'autres femmes tueraient pour avoir le ventre vergeturé. Finalement, certaines pourraient me reprocher de m'embêter alors qu'elles ont subit une grossesse si exigeante au niveau professionnel qu'un peu d'emmerdement aurait été le bienvenu. À vous tous je répondrai, je sais, je sais.
Mais n'empêche ... c'est plaaaaaaaate.
samedi 3 novembre 2012
Journée pédagogique, je t'aime.
Je me rappelle quand j'étais jeune, et moins jeune, ma mère pestait constamment contre les pédagos. Elle disait que nous étions tout le temps en congé et que les profs ne travaillaient jamais. Ça sentait un peu la jalousie, mais beaucoup la lassitude de devoir trouver une façon de veiller sur nous sans que sa banque de maladies y passe. Parfois un des deux représentants de l'autorité parentale demeurait à la maison et d'autres fois, lorsque nous étions chanceux, nous accompagnions maman au boulot. Nous passions la journée, le frérot et moi, à dessiner sur du papier format légal et à jouer au journaliste blasé sur la vieille machine à écrire. Ah! Que j'en ai découvert des scoops juteux et des histoires scabreuses sur la vie de Joe McIntyre.
Aujourd'hui je comprends mieux la nécessité de ces journées dites pédagogiques, mais que je qualifierais de salvatrices. Non seulement elle permettent aux enseignants d'échanger, de partager, de rattraper et d'avancer mais surtout elles permettent de sortir de l'isolation inhérente à notre métier. C'est lors de ces journées que les rires sont les plus francs, que les discussions sont les plus vraies et que la collégialité est la plus efficace. Ce sont des éclaircies dans l'ouragan de la fin d'étape. Ce sont des boutons pause dans le jeu vidéo de la scolarité. Ce sont des mises en quarantaine loin de la faune estudiantine.
Ce sont de ces moments qui nous permettent de ressouder les liens si précieux qui nous unissent et qui donnent à cette école une âme.
Pédagos, merci.