samedi 3 mars 2012

Relâche, jour 1. La désintoxication commence à peine.

Ce matin en me levant, le hamster s'est remit à courir. Les yeux clos, sans même avoir bougé d'un iota, je l'ai senti s'activer dans ma cervelle. Je l'aurais cru plus occupé à trouver le moyen d'oublier l'envie urgente d'uriner, mais non. J'imagine que c'est instinctif, chez les rats d'intérieur, cette propension à se faire aller le couraillage dès les premiers signes d'éveil. Je l'aurais bien étouffé dans son brin de scie, l'%$@*?! d'hamster, mais fiston est arrivé sur les entrefaites. Le calcul "brin de scie + fiston = grasse matinée" m'a aussi effleuré l'esprit mais l'équation "brin de scie + fiston = Claude Poirier outré" m'a rapidement ramenée à la réalité.

Faut souffrir pour être parent, paraît-il.

N'empêche, je ne pense pas que j'aurais pu me rendormir. J'suis encore trop intoxiquée. Ma première pensée ce matin a été pour cette élève, isolée parmi les seules, qui manifestement boycotte les effluves de propreté et a les cheveux plus gras qu'un réchaud de Mc Do. Elle m'a confiée hier (mais je suis certaine que vous-même vous vous en doutiez, juste à la description que j'en ai faite), à la dernière minute, de la dernière période, de la dernière journée avant la relâche, être victime d'intimidation. Je me suis demandée, ce matin, en me remontant la couette sous le menton, ce que je pourrais bien faire pour y mettre un terme. À la putride odeur d'adolescence évidemment, mais surtout à l'intimidation. (Que voulez-vous, c'est la mode, abolir l'intimidation. Ça tombe bien, le ministère de l'éducation (et de 3-4 autres patentes) ne savait plus comment abolir l'ignorance,  alors ils ont changé de cible. Voyez, je suis de mon temps.)

Come on Cath. T'es en relâche bâtard. Pense plutôt à la crêpe de la mort que tu pourrais te faire. Aux activités familiales dans lesquelles tu vas traîner fiston sous prétexte que c'est pour lui que tu les fait. À tous ces amis à qui tu as dit "Y faut! On s'appelle!" dans les six derniers mois années. À tous le ménage qui t'attends, au pire. Mais oublie l'école. Le temps d'une semaine (que dis-je, le temps d'un souffle, un battement de cil ... la relâche est si vite passée). Le temps de te désintoxiquer des problèmes des autres, de l'incongruité du système scolaire québécois, de l’Himalaya de boulot qui t'attends; des décos de Pâques à acheter pour décorer la classe (j'aime vivre dangereusement avec la religion) au prochain examen à bâtir (qui portera sur la christianisation de l'Occident. Dites pas à mon assureur que je pratique ce genre de sport extrême, des plans pour qu'il hausse ma prime d'assurance-vie). Le temps de te sevrer du rythme de vie effréné, des retenues à donner et des réunions auxquelles assister.  

Pas que ça me manque, détrompez-vous. Je veux dire, être prof, c'est comme être maman. On aime tous ça, mais même au resto, alors que tu veux faire le vide et te concentrer sur le moment présent pour savourer l'extase d'être en amis, devant une bonne bouffe, tu peux pas t'empêcher d'avoir des to-do qui te poppent dans cerveau. Une retenue à donner. Un parent à appeler. Un collègue à varloper. Un manuel à retrouver. ARGH!

Alors voilà, je me considère en désintox. Je me donne jusqu'à lundi pour vomir tout ce qui me reste de ma tâche enseignante dans le sang et redevenir un salarié blasé en vacances. Après lundi, si l'élève nauséabonde vient encore hanter mon esprit, j'aurai échoué. Ou peut-être pas, c'est selon.

dimanche 26 février 2012

Payer oui, mais payer moins et surtout mieux.

Sujet chaud s'il en est un, j'ai décidé d'aborder le lourd sujet de la hausse des frais scolaires par le gouvernement Charest. Non pas pour prendre position, mais bien pour essayer de me faire une tête en réfléchissant tout haut par écrit.

Tout d'abord, une chose est claire dans mon esprit: personne n'est contre la vertu. Tout le monde aimerait un accès plus facile et moins coûteux à l'éducation, cela va de soi. Une société qui prônerait la diplomation du plus grand nombre (non pas en nivelant vers le bas, comme c'est actuellement le cas) s'assurerait une main d'oeuvre de haut calibre, performant dans des secteurs bien rémunérés et créant ainsi un Québec concurrentiel sur le plan international, particulièrement au niveau des secteurs de pointe. Cet argument est souvent mit de l'avant par les associations étudiantes et autres défenseurs du statut quo. Dans un monde sans aucune autre contrainte budgétaire, ou autre variable économique, j'imagine que le Québec, société fondamentalement socialiste et de gauche, favoriserait une éducation de masse à bas prix. 

Là j'en vois déjà quelques-uns lever la main dans le fond de la classe et me répliquer un "Oui mais madame...". Attends ton droit de parole le jeune, c'est moi qui parle. Et tu sais quoi, je te vois venir avec ton "de meilleurs salaires engendrent une augmentation des impôts payés à l'État! Dans tes dents la pseudo-économiste fasciste". Ouais, t'as raison. Et tu sais quoi? Une augmentation des salaires des enseignants aussi, engendrerait une augmentation des impôts payés à l'État et je ne met pas le feu au Cégep du Vieux pour autant.  J'veux dire, tous les arguments économiques qui pourraient être servis dans ce débat n'aident en rien les partisans du maintient des frais au niveau actuel. Non, nous ne pouvons pas nous le permettre. Nous ne pouvons pas non plus nous permettre de subventionner l'entreprise privée et encore moins d'offrir des ressources à rabais et pourtant c'est ce que le gouvernement fait en ce moment (et ça ne date pas d'hier évidemment). 
Mais voilà, selon moi, d'aller chercher des revenus là où se trouve l'argent, dans les poches des grosses corporations et des sociétés étrangères exploitant nos trésors nationaux comme l'eau, le sol ou la forêt c'est une idée en or. Vraiment. C'est après que je déchante. Comment dépenser ces revenus dans le meilleur intérêt du plus grand nombre, selon vous?  En permettant une formation post-secondaire (je devrais même écrire post-cégepienne) à très faible prix? Ou en améliorant l'accessibilité aux soins de santé? Poser la question c'est y répondre. 

Remarquez, je trouve sauvage l'augmentation drastique telle qu'elle est envisagée en ce moment. Une augmentation moins importante faite sur le plus long terme serait préférable. Cependant je suis d'avis que tous devraient mettre l'épaule à la roue. Les étudiants y comprit. J'ajouterai que les parents des étudiants fréquentant des écoles secondaires privées devraient également mettre l'épaule à la roue et payer plus cher pour une éducation qu'ils ont choisie privée, mais ça c'est un autre débat. 

En écrivant ces lignes, j'ai un peu le symptôme de l'imposteur. Mes études ont été entièrement payées par la succession maternelle. Ma mère a financé mes études en chopant le mal du siècle, et c'est avec un chèque puant les métastases au poumons que j'ai pu rembourser les fameux frais. Pour payer le reste, l'appart et la boustifaille, j'ai dû scanner des cacannes pendant près d'une dizaine d'années. 

D'un autre côté, je contribue au remboursement du prêt étudiant de l'Homme, qui a payé une vingtaine de mille une AEC de quelques mois. Déjà près de dix ans qu'il paie cette dette scolaire. Dix ans et une montagne de frais d'intérêt qui lui auront permis d'accéder à un emploi valorisant et somme toute payant dans un secteur en pleine expansion. Un revenu sur lequel il paie des impôts. Comme quoi ce n'est pas la faiblesse des coûts qui est le facteur déterminant dans l'accès aux études post-secondaires mais bien la détermination d'accéder à un avenir meilleur. Mais assez de cette tranche de vie qui n'apporte rien au débat. 

Pendant que je vous écris ces lignes, je regarde fiston dialoguer avec ses dinosaures et je me demande quel avenir notre société lui réserve-t-elle. Il n'aura pas à payer ses études, ou du moins qu'une partie de celles-ci, puisqu'il aura eut la chance d'avoir des parents croyant à l'importance de la scolarisation et s'étant procuré des REEE. Cependant, il n'aura jamais la chance de raconter à tous ses amis les voyages dans le sud qu'il ne fera pas ni d'expliquer à ses copains la ride de motoneige qu'il n'a pas faite à son chalet. C'est un choix que nous avons fait. La vie est faite de choix alors que l'être humain est fait de besoins. Il faut départager les besoins importants de ceux qui le sont moins afin de faire les bons choix. Peut-être nous reprochera-t-il un jour de ne pas lui avoir procuré le même train de vie que ses pairs, mais ce sera (je l'espère du moins!) avec un diplôme en poche. 

samedi 18 février 2012

Toc! Toc?

You-hou? Z'êtes encore là?

Tiens, vous avez l'air d'être 2-3 dans un coin, à jouer de la guit' autour du feu, j'peux me joindre à vous? Du Bob Dylan? Blowin' in the wind en plus, ma préférée.

C'pas mal ça qui m'est arrivé dernièrement, le vent trop frais des derniers mois (ou serait-ce celui qui me met de la broue dans l'toupet?) m'a blowé à travers l'hiver, en équilibre sur le dos des corrections et des planifications de cours. Mais le le printemps se pointe et dans printemps il y a le mot "temps". Au printemps il faut prendre le temps. Tu peux courir pour passer à travers l'hiver le plus rapidement possible, mais au printemps, il faut savourer le temps.

Le temps, ma chère, le temps... je me rappelle, fusse-t'un temps, que j'avais dit à la blonde de mon frère que le temps il ne fallait pas essayer de le trouver, qu'il fallait le prendre, le saisir, qu'il était là, qu'il n'attendait que ça, qu'il ne suffisait que de recentrer ses priorités. Elle m'avait répondu que "c'était brillant tout plein tout ça" et avait regardé mon frère en ajoutant "Tiens tu devrais prendre exemple sur ta soeur". Leur relation était vouée à l'échec. Je crois que c'est quand même moi qui aujourd'hui retire le plus de bénéfice de cette relation; j'ai encore en ma possession un film de Blanche Neige, the limited, special, fuck top, remasterised, d'la mort edition, rien de moins môsieur, qui lui appartenait. Mon fils, qui porte le même nom que mon frère, l'adore. Le film là, pas l'ex qu'il n'a jamais même connu.  Si tu es là, Annie, en quelque part à 8 degrés de séparation sur nos comptes Facebook, je te salue!

Like a Rolling Stone? T'aime ça du Dylan toi hein? Non, moi ça me va, continue de gratter, je continue de jaser.

Ouais, fait que c'est pas mal ça, j'ai retenu mon souffle en entrant dans le temps des Fêtes (ça doit être pour ça que j'ai enflé un peu, c'est de l'air emmagasiné) et j'émerge peu à peu à la surface, pour voir si je ne verrais pas l'ombre d'un printemps. J'écris ça entre les 4 murs sans fenêtre de mon bureau, mais je le sens en moi. Je pense que nous sommes tous comme ça, les Québécois. Nous sentons le printemps entrer par toutes les pores de notre être avant même que la première hirondelle n'ait foulé le sol de notre atmosphère. Nous avons un sixième sens nous permettant d'humer la première brise de crocus avant même son apparition et pour capter sur notre peau le premier rayon de soleil précédant la période de solstice. Ouais, on est de même nous. Darwin avant raison, l'être humain s'adapte à son milieu et le Québec s'est tatoué dans toutes les fibres de ma personne au fil des générations. Et le Québec à son meilleur selon moi, c'est le printemps. Alors je m'arrête, heureuse d'un printemps, et je prend le temps de venir vous dire bonjour.

Lay Lady lay? Non, non, là y'a quand même des limites. Ta guitare, elle a le mode random?

The Cat Empire. J'aime le rythme, ça sent l'eau chlorée de la piscine et le gazon fraîchement coupé. Ah précieuse banlieue de mon enfance, je t'aime. Ok, on continue.

Donc le printemps, on sort dehors, on va prendre l'air, comme les éducatrices en garderie ces derniers temps. Celles à qui on reproche, comme on le reproche souvent aux enseignants, de coûter trop cher à l'État. D'exagérer dans leurs demandes. Après tout, elles ne font que s'occuper de nos enfants, c'est un jeu d'enfants ça, non? Eh bien non, justement. Demandez-le aux mères qui décident de demeurer à la maison avec leurs enfants, si c'est facile, si c'est une partie de plaisir. Les 2 ou 3 tiens ça va peut-être (et encore!), mais rajoutes-en 6 et leur lot de particularités et d'émotions. Moi en tout cas je préfère, et de loin, 30 boutonneux à 8 morveux et c'est pourquoi les éducatrices ont tout mon appui et ma solidarité: je me dis que s'il faudrait qu'on me paie cher pour le faire, pourquoi ne pas payer (plus) cher (lire: raisonnablement, comme ce qu'elles demandent) celles qui le font? J'veux dire, si la rémunération avait du sens, on paierait les employés des métiers les plus dangereux, les plus astreignants et les plus importants pour l'épanouissement de notre société mieux que les métiers insignifiants. Sérieusement, avec 10 millions, tu paierais Julia Roberts pour qu'elle sourit bêtement (encore!) dans un p'tit film d'amour cu-cul ou t'engagerais de 100 à 150 professionnels compétents pour combler les besoins primaires d'une population vieillissante? Le choix est clair n'est-ce-pas? Me semble qu'il est évident, du moins. Malheureusement Julia Roberts se pointera le minois vieillissant au grand écran (elle incarnera la méchante Reine -encore une cruelle belle-mère- dans l'un des deux remakes de Blanche-Neige à paraître cette année) alors que des journaux titrant "Et quoi encore" attisent la colère mal placée et la fausse indignation de la plèbe. C'est étrange comme des choix évidents au niveau personnel ne sont jamais les choix que nous faisons en tant que société. Personne n'a voté pour Charest et ils sont encore moins nombreux à avoir le goût de le voir là en ce moment (T'es-tu folle! Moi? Jamais.) mais pourtant il occupe encore le poste de premier citoyen du Québec. Leur combat pour plus de reconnaissance m'a coûté 2 journées (de congé) en tête à tête avec le fiston plutôt qu'avec ceux des autres et je les en remercie.  Rien n'est plus précieux à mes yeux que de veiller sur mon fils et ceux (il y a toute de même un éducateur au CPE! Et tout un en plus de cela!) et celles qui le font alors que je participe à l'épanouissement économique de ma patrie ont toute ma reconnaissance. Leur travail permet à des millions d'adultes d'accomplir le leur, ne l'oublions pas.

What a Wonderful World? J't'aime toi. Si tu n'étais pas seulement le fruit de mon imagination, tu serais également ma bibliothèque musicale. Quelqu'un a apporté des guimauves? ou des saucisses?

J'viens d'entendre le rejeton primaire se lever, il y a des petits pieds qui sautillent au-dessus de ma tête, probablement à la recherche de chocolat ou de dinosaures enfouis dans le creux de deux coussins. Je vais vous quitter pour aller profiter de ce samedi nuageux avec éclaircies à la température ressentie de -3 degrés Celsius. Je pense que cet après midi on va mettre les petites roues au traîneau et le transformer en chariot pour la belle saison. It's spring time baby!

Fix You? de Coldplay? Tu me prends par les sentiments parce que tu veux que je reste? C'est ça? Tu sais que je suis une fille facile quand il s'agit de Chris Martin. Gwyneth Paltrow le sait également, c'est pour ça qu'ils ne déménagent pas dans le coin. Sinon pourquoi ne pas emménager à Laval, nous sommes rendus avec un aréna! What about that! (...)

Joyeux printemps, gang. Allez mettre des p'tites roulettes sur votre vie et venez faire un tour dehors, ça fond!








 

mardi 29 novembre 2011

Une histoire de show

J'suis allée voir un show de Guy Nantel dimanche soir. (Ce sont mes fusses jadis profs de français qui seraient pas contents, même pas de sujet amené. Je vous lance ça de même là, à fret. Bang.) En fait je l'ai appris d'une façon toute aussi spontanée la semaine passée. Si vous permettez, je me gâterais aujourd'hui et je commencerais ça avec un ...

Il était une fois.

Il était une fois un soir de semaine surchargé de boulot (comme ils le sont tous cruellement ces temps-ci. À tous ceux qui pensaient éventuellement, qui sait, devenir enseignants: Run for your (social) life. Il est encore temps de prendre ses jambes à son cou et de fuir vers un autre monde. Un monde de temps supplémentaire compensé et de soirées libres. De regardage de téléroman sans culpabilité aucune et de fins de semaine sans correction. Oui, ça existe. On m'en a déjà parlé.) Je disais donc, mardi soir passé, lors de mon zieutage de Facebook quotidien (j'suis occupée, mais pas au point de pas procrastiner un peu, han! L'esclavage a été aboli, quand même.) je suis tombée sur l'offre du Courrier Laval (demain, le New York Times) de m'enlever les mots de la bouche en échange de 2 billets pour son spectacle (à Guy là, vous suivez?) La réforme Nantel, de dimanche soir dernier. René Homier-Roy et Grimaldi, tremblez!

L'envie de me lancer dans la critique artistique étant définitivement plus fort que moi (on se rappelle que je suis du sexe faible) je décidai de tenter ma chance dans le domaine et de participer au concours (c'est vite dit, nous étions quoi, 5-6 concurrents. Cette semaine, pour France D'Amours il n'y avait qu'un participant, qui l'a emporté automatiquement. Voyez l'genre? C'pas le Voir mettons.) intitulé "Critique d'un soir". Ça dit ce que ça dit. Ils te donnent deux (très bons, soit dit en passant) billets et tu ponds une critique du show. 300 mots. Un peu court, soit, mais je pensais pas non plus faire le front page de la semaine prochaine. Dans tous les bons publisacs. Alors je suis allée, j'ai vu, j'ai noté et je suis revenue dans mon domus.

Beau show. Y'est pas laitte, en vrai. (Note de l'auteur: ça c'est la "home" edition, j'ai pas écris ça dans le journal là. Ben voyons.) Il bouge pas beaucoup mais je vous dirais que c'est quasiment mieux de même. Il nous a fait 2-3 stepettes dans ce qu'il a osé appeler une chorégraphie (avec sarcasme, on s'entend) et il a même été jusqu'à faire semblant (j'en suis certaine, sont tous de même, à toujours vouloir en donner plus que le client en demande) d'entendre quelqu'un dans la salle crier "encore!" pour nous la refaire. 2 fois d'affilé. C'était peut-être une coche de trop. Ça et la finale émotive. On dirait que ça va de soi, dans un show d'humour de toujours chercher à avoir des p'tits moments plus "deep", jeux de lumière mode ambiance et musique qui ralenti sur fond de voix 3 octaves trop bas. Si j'avais voulu être émue, je me serais tété des billets pour Linda Lemay ou le p'tit Jérémie (hell yeah). Mais bon, ça doit être vendeur fait croire. Tant qu'à chialer, y'a une dernière chose qui m'a gossée un brin. Qu'il m'attaque dans mon moi profond pour remettre en question ce que je croyais avéré, en s'adressant à la foule, je suis là pour ça. Mais s'attaquer aux travers des ceussent qui ont aterri en premiere rangée, je trouve ça cheap un peu. Call me spectatrice-poule, mais je ne crois pas que cela ait tant ajouté au spectacle qu’il ramasse le p’tit vieux à la canne, la laitte (dixit Nantel, qui s’est repris en nous assurant qu’en fait il avait fait exprès de choisir une chick. Une pitoune. Une vraie.) l’autre tata pis la grosse à coups d’insultes sur leur apparence physique ou leurs capacités mentales. Il doit les répéter à tous les show ces échanges, se choisir un tata de service à chaque soir et c’est tout sauf personnel (c’est les affaires) mais reste que s’il avait fallu que ça tombe sur moi, je suis pas sûr que je l’aurais rit de bon cœur.

C’était cinglant et bien ciblé. Drôle, très drôle même.

Ah ça! Pour rire, j’ai rit! Je vous dirais même qu’avec tout ça j’ai fait le tour de la portion « Pis je vais varger sur les artistes ouais! Hey! – Yelo Molo » de cet article  parce que tout le reste n’est que positif, éclats de rires, dents bien séchées et mise au défi des muscles de mon périnée. J’ai vraiment adoré. Il m’a souvent éblouie par les liens qu’il fait entre tous les éléments de l’actualité. Il tire de partout, sur tout, mais toujours juste. Il sait nous faire réfléchir tout en nous faisant tordre de rire. C’est cliché, mais c’est ça pareil. Ses textes baignent dans des tabous complètement tabous comme l’homosexualité non-assumée d’Éric Salvail et de l’homme à la dame en bleue. (Je peux pas écrire son nom, ma défunte mère l’aimait trop. Elle doit me lire de là où elle est et elle en serait trop troublée. Respect.) Mais bref, vous voyez le topo? Il m’est arrivé à quelques reprises de me demander combien de plaintes/ courriels/ chialeux d’après show/ autres désagréables il devait se payer par semaine. Je me suis même demandée s’il payait des assurances, pour si jamais un zouf s’essayait de faire la piasse avec une ou deux poursuites. Bref, il est solide dans ses dénonciations.

Aujourd’hui j’écoutais Patrick Lagacé te jaser ça à Popaul Houde déplorer le fait qu’il n’y avait pas de relève dans le créneau qu’occupait RBO dans les années 80-90, pas d’héritier. Guy Nantel n’a plus grand-chose du jeune premier, mais je trouve qu’il emprunte le même ton mordant et que sa satire est dans la même veine que celle de RBO lorsqu’il nous fait rire de gêne, de honte, de malaise, mais surtout qu’il nous fait rire en criss. Bref, si j’avais une assiette à salir, j’écrirais un 8 dessus et je me filmerais pour vous la montrer en vous expliquant, un peu chaudasse, que j’ai passé une maudite belle soirée. Si j’ai fait ça comme une grande la critique paraîtra sous peu en ligne. Je vous tiendrai au courant.  

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Dans la section je montre un peu de peau : Je suis en train d’écouter Anaïs – l’album The Cheap Show en vous écrivant et il faut que je me confie. Barman, un double. Cette chanson elle m’arrache toujours un pincement au cœur, en me remémorant mon ex-p’tit copain et son manque flagrant de classe gentillesse lorsqu’il m’a annoncé, fusse une nuit, bien bourré, rentrant titubant au domicile conjugal après une chaude nuit de déhanchements en solo, qu’il me quittait pour une autre. Contrairement à Christina, une pute en blanc, celle-ci était une salope en chienne. De son cours de finition de meuble. Bref, je sais que je fais un détour par Natashquan mais tout ça pour vous suggérer d’écouter. C’est frais, c’est sensuel, c’est drôle, c’est vrai. J’adore. (Ouais je sais, c’est aussi français, mais ça va, vous allez voir.)  


samedi 12 novembre 2011

Il fusse t'un temps que je suise point venue.

C'est la fin de la première étape scolaire, beaucoup, et l'automne, un peu. Le manque d'inspiration, momentanément, mais le manque de temps, intensément. C'est la vie, assurément, et la conciliation travail-famille, politiquement.

L'étape étant oblitérée meilleure avant le 17 novembre, 16h, je devrais être de retour sous peu. Après la pause, genre.

dimanche 9 octobre 2011

Histoire de chat écrasé, mais pas.

Je me rappelle encore la fameuse émission de Garfield, que Ciné Cadeau nous rejoue à tous les ans (et il a intérêt) où l'on voyait l'obèse matou se réincarner 9 fois et ce, en différentes sortes de menous. Je pense suis certaine que Ciné-Cadeau joue un rôle immense dans l'aura de bonheur que j'ai brodé, année après année, autour du temps des Fêtes. Malgré les insipides épisodes de Tintin. Et ce n'est pas peu dire.
Je vous parle de tout ça ce soir parce que mon chat, Monsieur Smith premier du nom, s'est vraisemblablement fait frapper par une automobile hier soir, vers l'heure du souper. Dixit ma voisine. Nous étions, ma tripartite famille et moi-même, en train de déguster l'exquis souper que j'avais amoureusement préparé (d'où le "exquis") lorsque ma voisine est venue sonner à ma porte, me pressant de vérifier si mon squelettique félin se trouvait en quelque endroit, dans les méandres de ma chaumière. « De quessé? » que je lui demandai-je. « J’ai entendu un bang! » qu’elle me répondit. Et c’est alors que je compris qu’un jeune au volant d’un p’tit char sport rouge (Une Civic. Sommes-nous surpris? Je ne crois pas) avait percuté quelque chose de vivant, qui avait miaulé. Comme les jeunes du quartier n’ont pas l’habitude de miauler, nous en sommes venus à la conclusion qu’il s’agissait d’un p’tit minou. Probablement Mister Smith.

Nous avons fait le tour des endroits où la carcasse ensanglantée (forcément, puisque trois de mes voisins ont été extirpés de leur maisonnée en raison de l’intensité du bruit causé par l’impact) aurait pu r’voler, mais n’avons rien trouvé. Même pas une parcelle de cervelle. C’est donc un brin anxieuse que je suis revenue à la maison, imaginant mon foutu félin tentant de ravaler ce qui lui restait de trippes pour revenir à la maison sur ses 2 pattes et demi encore fonctionnelles.

Ouais, je sais, ce post est dégueu. 16 ans et moins s’abstenir.

Je dis « un brin anxieuse » parce qu’en fait, je ne l’étais pas tant que ça. Déjà quatre ans que l’Homme et moi avons quitté nos appartements pour déménager en banlieue (trentaine oblige) et que le minuscule matou est libre d’aller et de venir au gré de ses envies. Quatre ans donc que Monsieur Smith, dégossé et dégriffé, est confronté à tous les dangers présents dans notre environnement lavallois. Les piscines pleines d’eau, les déchainés tondeurs du dimanche et les killer-moufettes, entre autres.

Lorsque j’ai pris la décision de le laisser vagabonder comme le chien du même nom qui a bercé mon enfance, je me suis d’abord demandé ce qui serait le plus nuisible, pour lui. Se faire envoyer promener par une marmotte en manque de sensations fortes, ou regarder les saisons, et la vie en général, se rire de lui, penaud, sur le rebord de sa fenêtre. Je me suis alors dit que «ce que tu aimes il faut le laisser le libre. S'il te revient il est à toi, s'il ne te revient pas c'est qu'il ne t'a jamais appartenu » et je l’ai laissé aller se promener dans les parages. Habituellement, il ne va pas trop loin … un bronzage à entretenir en se couchant sur la toiture de notre piaule, un oiseau et/ou un mulot à assassiner (et évidemment à ramener à la maison), ou bien un autre matou à écœurer, le tout dans un rayon de moins de cent mètres de la maison. Au cours de ses folles aventures, il s’est déjà fait égratigner à deux reprises. De petites entailles qui se sont cicatrisées le temps de dire « si ça saigne encore tantôt tu vas être pogné pour aller chez le vétérinaire, l’gros! » et un percing qui a mal tourné, j’imagine, puisqu’un jour il est revenu avec une oreille un peu fendue. Bref, pour un mâle dont il ne reste de viril que le nom, il s’en tire plutôt bien. Évidemment, suite à ces blessures, le choix de rester à la maison ou pas a toujours été le sien. Il a une litière dans la maison et son plat de bouffe y est aussi. Il pourrait rester bien peinard au chaud, à se foutre de ma gueule quand je pars au boulot le matin, mais non. Il préfère vivre dangereusement que de vivre une vie de condamné. Et je ne peux pas lui en vouloir, j’ai moi-même choisi de devenir prof au secondaire.

Donc hier soir, j’étais inquiète soit, mais je lui faisais aussi confiance. Ces petites bêtes-là savent pas mal mieux que nous comment éviter de se mettre dans le pétrin. Mais c’est quand même avec une surprise évidente que je l’ai aperçu franchir, en fin de soirée, la porte-patio que nous avions laissée entrebâillée pour la cause. Le pare-choc encore étampé dans les côtes. Il avait l’air craintif, mais fier. Il marchait la tête haute, le pas incertain, comme encore sonné de sa promenade aérienne. Après une inspection sommaire (lire: une séance de taponnage en règle) du magané matou, et son lot de caresses et de bisous, l’Homme et moi en sommes venus à la conclusion que la bête était bel et bien encore en vie. Et en un morceau. Tout semblait à la bonne place et une légère odeur d’huile usée flottait dans l’air. Encore aujourd’hui il se pavane, le pelage d’une blancheur éclatante entaché d’une trace de jus de Civic sale. Je n’ai pas osé le laver, je me suis dit que ça faisait beaucoup trop d’émotions fortes dans les mêmes 24h. Demain il va y goûter, mais aujourd’hui je lui donne la journée off.

Je n’ai pas vu l’impact, mais à en croire le p’tit monsieur d’en face, ça aurait fessé assez fort pour qu’il m’obstine que selon lui, c’était un enfant qui avait mangé le coup. Un impact violent et soudain. Pourtant, ce que j’ai vu roulé en boule sur mon lit tout à l’heure, n’a rien des chats psychopathes de Pet Cemetery.  Il n’est pas revenu des morts, il n’est tout simplement pas mort. Ni même blessé. En. Pleine. Forme.
J’en suis donc venue à la conclusion que soit Dieu existe, soit X-Men est basé sur un fait vécu et j’héberge sans le savoir le super-héros de la gent féline. C’est selon.

samedi 1 octobre 2011

J'adore l'automne


Son odeur, sa saveur et ses couleurs.

Les potages aux courges et les arbres qui revêtent des couleurs chaudes, comme pour nous faire oublier les degrés Celsius qui se poussent vers le sud, sur le dos des bernaches. J’aime aussi l’école qui recommence (ça aide, quand t’es prof) et l’annuelle sortie aux pommes, entre amis. Je me réjouis en voyant apparaître les bébelles d’Halloween qui envahissent les étals. Ah non, c’est vrai, ça c’est l’été. J’aime les ceussent qui rivalisent d’ingéniosité lorsqu’ils sculptent leur citrouille et les ceussent qui décorent leur maison comme si leur vie en dépendait.

Dans mon coin, l’Halloween, c’t’assez poche. Faut croire que je suis dans un quartier de p’tit vieux qui se sacrent pas mal de pourrir la dentition de nos rejetons. Nous sommes que deux maisons, sur plus de quarante, à sortir nos Jack O’ lanthern et à célébrer cette débandade sucrée. Résultat? 40$ de bonbons pour 3-4 sorcières. Des kilos de glucides dans mes foufounes. Alors l’an passé, nous sommes devenus ce que je m’étais jurée de ne jamais devenir, une vieille maudite qui ferme les lumières pour faire croire qu’il n’y a personne à la maison. Horreur.

Cette année, première année d’Halloween pour la Face de pet, nous irons squatter un quartier où le chiffre d’affaire du Jean Coutu repose plus sur le Tempra que sur le Polydent. Un quartier ami des tout-petits plutôt que des petits-vieux. Un quartier où l’asphalte est barbouillé à la craie et où les tricycles trainent dans l’entrée.