mardi 29 novembre 2011

Une histoire de show

J'suis allée voir un show de Guy Nantel dimanche soir. (Ce sont mes fusses jadis profs de français qui seraient pas contents, même pas de sujet amené. Je vous lance ça de même là, à fret. Bang.) En fait je l'ai appris d'une façon toute aussi spontanée la semaine passée. Si vous permettez, je me gâterais aujourd'hui et je commencerais ça avec un ...

Il était une fois.

Il était une fois un soir de semaine surchargé de boulot (comme ils le sont tous cruellement ces temps-ci. À tous ceux qui pensaient éventuellement, qui sait, devenir enseignants: Run for your (social) life. Il est encore temps de prendre ses jambes à son cou et de fuir vers un autre monde. Un monde de temps supplémentaire compensé et de soirées libres. De regardage de téléroman sans culpabilité aucune et de fins de semaine sans correction. Oui, ça existe. On m'en a déjà parlé.) Je disais donc, mardi soir passé, lors de mon zieutage de Facebook quotidien (j'suis occupée, mais pas au point de pas procrastiner un peu, han! L'esclavage a été aboli, quand même.) je suis tombée sur l'offre du Courrier Laval (demain, le New York Times) de m'enlever les mots de la bouche en échange de 2 billets pour son spectacle (à Guy là, vous suivez?) La réforme Nantel, de dimanche soir dernier. René Homier-Roy et Grimaldi, tremblez!

L'envie de me lancer dans la critique artistique étant définitivement plus fort que moi (on se rappelle que je suis du sexe faible) je décidai de tenter ma chance dans le domaine et de participer au concours (c'est vite dit, nous étions quoi, 5-6 concurrents. Cette semaine, pour France D'Amours il n'y avait qu'un participant, qui l'a emporté automatiquement. Voyez l'genre? C'pas le Voir mettons.) intitulé "Critique d'un soir". Ça dit ce que ça dit. Ils te donnent deux (très bons, soit dit en passant) billets et tu ponds une critique du show. 300 mots. Un peu court, soit, mais je pensais pas non plus faire le front page de la semaine prochaine. Dans tous les bons publisacs. Alors je suis allée, j'ai vu, j'ai noté et je suis revenue dans mon domus.

Beau show. Y'est pas laitte, en vrai. (Note de l'auteur: ça c'est la "home" edition, j'ai pas écris ça dans le journal là. Ben voyons.) Il bouge pas beaucoup mais je vous dirais que c'est quasiment mieux de même. Il nous a fait 2-3 stepettes dans ce qu'il a osé appeler une chorégraphie (avec sarcasme, on s'entend) et il a même été jusqu'à faire semblant (j'en suis certaine, sont tous de même, à toujours vouloir en donner plus que le client en demande) d'entendre quelqu'un dans la salle crier "encore!" pour nous la refaire. 2 fois d'affilé. C'était peut-être une coche de trop. Ça et la finale émotive. On dirait que ça va de soi, dans un show d'humour de toujours chercher à avoir des p'tits moments plus "deep", jeux de lumière mode ambiance et musique qui ralenti sur fond de voix 3 octaves trop bas. Si j'avais voulu être émue, je me serais tété des billets pour Linda Lemay ou le p'tit Jérémie (hell yeah). Mais bon, ça doit être vendeur fait croire. Tant qu'à chialer, y'a une dernière chose qui m'a gossée un brin. Qu'il m'attaque dans mon moi profond pour remettre en question ce que je croyais avéré, en s'adressant à la foule, je suis là pour ça. Mais s'attaquer aux travers des ceussent qui ont aterri en premiere rangée, je trouve ça cheap un peu. Call me spectatrice-poule, mais je ne crois pas que cela ait tant ajouté au spectacle qu’il ramasse le p’tit vieux à la canne, la laitte (dixit Nantel, qui s’est repris en nous assurant qu’en fait il avait fait exprès de choisir une chick. Une pitoune. Une vraie.) l’autre tata pis la grosse à coups d’insultes sur leur apparence physique ou leurs capacités mentales. Il doit les répéter à tous les show ces échanges, se choisir un tata de service à chaque soir et c’est tout sauf personnel (c’est les affaires) mais reste que s’il avait fallu que ça tombe sur moi, je suis pas sûr que je l’aurais rit de bon cœur.

C’était cinglant et bien ciblé. Drôle, très drôle même.

Ah ça! Pour rire, j’ai rit! Je vous dirais même qu’avec tout ça j’ai fait le tour de la portion « Pis je vais varger sur les artistes ouais! Hey! – Yelo Molo » de cet article  parce que tout le reste n’est que positif, éclats de rires, dents bien séchées et mise au défi des muscles de mon périnée. J’ai vraiment adoré. Il m’a souvent éblouie par les liens qu’il fait entre tous les éléments de l’actualité. Il tire de partout, sur tout, mais toujours juste. Il sait nous faire réfléchir tout en nous faisant tordre de rire. C’est cliché, mais c’est ça pareil. Ses textes baignent dans des tabous complètement tabous comme l’homosexualité non-assumée d’Éric Salvail et de l’homme à la dame en bleue. (Je peux pas écrire son nom, ma défunte mère l’aimait trop. Elle doit me lire de là où elle est et elle en serait trop troublée. Respect.) Mais bref, vous voyez le topo? Il m’est arrivé à quelques reprises de me demander combien de plaintes/ courriels/ chialeux d’après show/ autres désagréables il devait se payer par semaine. Je me suis même demandée s’il payait des assurances, pour si jamais un zouf s’essayait de faire la piasse avec une ou deux poursuites. Bref, il est solide dans ses dénonciations.

Aujourd’hui j’écoutais Patrick Lagacé te jaser ça à Popaul Houde déplorer le fait qu’il n’y avait pas de relève dans le créneau qu’occupait RBO dans les années 80-90, pas d’héritier. Guy Nantel n’a plus grand-chose du jeune premier, mais je trouve qu’il emprunte le même ton mordant et que sa satire est dans la même veine que celle de RBO lorsqu’il nous fait rire de gêne, de honte, de malaise, mais surtout qu’il nous fait rire en criss. Bref, si j’avais une assiette à salir, j’écrirais un 8 dessus et je me filmerais pour vous la montrer en vous expliquant, un peu chaudasse, que j’ai passé une maudite belle soirée. Si j’ai fait ça comme une grande la critique paraîtra sous peu en ligne. Je vous tiendrai au courant.  

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Dans la section je montre un peu de peau : Je suis en train d’écouter Anaïs – l’album The Cheap Show en vous écrivant et il faut que je me confie. Barman, un double. Cette chanson elle m’arrache toujours un pincement au cœur, en me remémorant mon ex-p’tit copain et son manque flagrant de classe gentillesse lorsqu’il m’a annoncé, fusse une nuit, bien bourré, rentrant titubant au domicile conjugal après une chaude nuit de déhanchements en solo, qu’il me quittait pour une autre. Contrairement à Christina, une pute en blanc, celle-ci était une salope en chienne. De son cours de finition de meuble. Bref, je sais que je fais un détour par Natashquan mais tout ça pour vous suggérer d’écouter. C’est frais, c’est sensuel, c’est drôle, c’est vrai. J’adore. (Ouais je sais, c’est aussi français, mais ça va, vous allez voir.)  


samedi 12 novembre 2011

Il fusse t'un temps que je suise point venue.

C'est la fin de la première étape scolaire, beaucoup, et l'automne, un peu. Le manque d'inspiration, momentanément, mais le manque de temps, intensément. C'est la vie, assurément, et la conciliation travail-famille, politiquement.

L'étape étant oblitérée meilleure avant le 17 novembre, 16h, je devrais être de retour sous peu. Après la pause, genre.

dimanche 9 octobre 2011

Histoire de chat écrasé, mais pas.

Je me rappelle encore la fameuse émission de Garfield, que Ciné Cadeau nous rejoue à tous les ans (et il a intérêt) où l'on voyait l'obèse matou se réincarner 9 fois et ce, en différentes sortes de menous. Je pense suis certaine que Ciné-Cadeau joue un rôle immense dans l'aura de bonheur que j'ai brodé, année après année, autour du temps des Fêtes. Malgré les insipides épisodes de Tintin. Et ce n'est pas peu dire.
Je vous parle de tout ça ce soir parce que mon chat, Monsieur Smith premier du nom, s'est vraisemblablement fait frapper par une automobile hier soir, vers l'heure du souper. Dixit ma voisine. Nous étions, ma tripartite famille et moi-même, en train de déguster l'exquis souper que j'avais amoureusement préparé (d'où le "exquis") lorsque ma voisine est venue sonner à ma porte, me pressant de vérifier si mon squelettique félin se trouvait en quelque endroit, dans les méandres de ma chaumière. « De quessé? » que je lui demandai-je. « J’ai entendu un bang! » qu’elle me répondit. Et c’est alors que je compris qu’un jeune au volant d’un p’tit char sport rouge (Une Civic. Sommes-nous surpris? Je ne crois pas) avait percuté quelque chose de vivant, qui avait miaulé. Comme les jeunes du quartier n’ont pas l’habitude de miauler, nous en sommes venus à la conclusion qu’il s’agissait d’un p’tit minou. Probablement Mister Smith.

Nous avons fait le tour des endroits où la carcasse ensanglantée (forcément, puisque trois de mes voisins ont été extirpés de leur maisonnée en raison de l’intensité du bruit causé par l’impact) aurait pu r’voler, mais n’avons rien trouvé. Même pas une parcelle de cervelle. C’est donc un brin anxieuse que je suis revenue à la maison, imaginant mon foutu félin tentant de ravaler ce qui lui restait de trippes pour revenir à la maison sur ses 2 pattes et demi encore fonctionnelles.

Ouais, je sais, ce post est dégueu. 16 ans et moins s’abstenir.

Je dis « un brin anxieuse » parce qu’en fait, je ne l’étais pas tant que ça. Déjà quatre ans que l’Homme et moi avons quitté nos appartements pour déménager en banlieue (trentaine oblige) et que le minuscule matou est libre d’aller et de venir au gré de ses envies. Quatre ans donc que Monsieur Smith, dégossé et dégriffé, est confronté à tous les dangers présents dans notre environnement lavallois. Les piscines pleines d’eau, les déchainés tondeurs du dimanche et les killer-moufettes, entre autres.

Lorsque j’ai pris la décision de le laisser vagabonder comme le chien du même nom qui a bercé mon enfance, je me suis d’abord demandé ce qui serait le plus nuisible, pour lui. Se faire envoyer promener par une marmotte en manque de sensations fortes, ou regarder les saisons, et la vie en général, se rire de lui, penaud, sur le rebord de sa fenêtre. Je me suis alors dit que «ce que tu aimes il faut le laisser le libre. S'il te revient il est à toi, s'il ne te revient pas c'est qu'il ne t'a jamais appartenu » et je l’ai laissé aller se promener dans les parages. Habituellement, il ne va pas trop loin … un bronzage à entretenir en se couchant sur la toiture de notre piaule, un oiseau et/ou un mulot à assassiner (et évidemment à ramener à la maison), ou bien un autre matou à écœurer, le tout dans un rayon de moins de cent mètres de la maison. Au cours de ses folles aventures, il s’est déjà fait égratigner à deux reprises. De petites entailles qui se sont cicatrisées le temps de dire « si ça saigne encore tantôt tu vas être pogné pour aller chez le vétérinaire, l’gros! » et un percing qui a mal tourné, j’imagine, puisqu’un jour il est revenu avec une oreille un peu fendue. Bref, pour un mâle dont il ne reste de viril que le nom, il s’en tire plutôt bien. Évidemment, suite à ces blessures, le choix de rester à la maison ou pas a toujours été le sien. Il a une litière dans la maison et son plat de bouffe y est aussi. Il pourrait rester bien peinard au chaud, à se foutre de ma gueule quand je pars au boulot le matin, mais non. Il préfère vivre dangereusement que de vivre une vie de condamné. Et je ne peux pas lui en vouloir, j’ai moi-même choisi de devenir prof au secondaire.

Donc hier soir, j’étais inquiète soit, mais je lui faisais aussi confiance. Ces petites bêtes-là savent pas mal mieux que nous comment éviter de se mettre dans le pétrin. Mais c’est quand même avec une surprise évidente que je l’ai aperçu franchir, en fin de soirée, la porte-patio que nous avions laissée entrebâillée pour la cause. Le pare-choc encore étampé dans les côtes. Il avait l’air craintif, mais fier. Il marchait la tête haute, le pas incertain, comme encore sonné de sa promenade aérienne. Après une inspection sommaire (lire: une séance de taponnage en règle) du magané matou, et son lot de caresses et de bisous, l’Homme et moi en sommes venus à la conclusion que la bête était bel et bien encore en vie. Et en un morceau. Tout semblait à la bonne place et une légère odeur d’huile usée flottait dans l’air. Encore aujourd’hui il se pavane, le pelage d’une blancheur éclatante entaché d’une trace de jus de Civic sale. Je n’ai pas osé le laver, je me suis dit que ça faisait beaucoup trop d’émotions fortes dans les mêmes 24h. Demain il va y goûter, mais aujourd’hui je lui donne la journée off.

Je n’ai pas vu l’impact, mais à en croire le p’tit monsieur d’en face, ça aurait fessé assez fort pour qu’il m’obstine que selon lui, c’était un enfant qui avait mangé le coup. Un impact violent et soudain. Pourtant, ce que j’ai vu roulé en boule sur mon lit tout à l’heure, n’a rien des chats psychopathes de Pet Cemetery.  Il n’est pas revenu des morts, il n’est tout simplement pas mort. Ni même blessé. En. Pleine. Forme.
J’en suis donc venue à la conclusion que soit Dieu existe, soit X-Men est basé sur un fait vécu et j’héberge sans le savoir le super-héros de la gent féline. C’est selon.

samedi 1 octobre 2011

J'adore l'automne


Son odeur, sa saveur et ses couleurs.

Les potages aux courges et les arbres qui revêtent des couleurs chaudes, comme pour nous faire oublier les degrés Celsius qui se poussent vers le sud, sur le dos des bernaches. J’aime aussi l’école qui recommence (ça aide, quand t’es prof) et l’annuelle sortie aux pommes, entre amis. Je me réjouis en voyant apparaître les bébelles d’Halloween qui envahissent les étals. Ah non, c’est vrai, ça c’est l’été. J’aime les ceussent qui rivalisent d’ingéniosité lorsqu’ils sculptent leur citrouille et les ceussent qui décorent leur maison comme si leur vie en dépendait.

Dans mon coin, l’Halloween, c’t’assez poche. Faut croire que je suis dans un quartier de p’tit vieux qui se sacrent pas mal de pourrir la dentition de nos rejetons. Nous sommes que deux maisons, sur plus de quarante, à sortir nos Jack O’ lanthern et à célébrer cette débandade sucrée. Résultat? 40$ de bonbons pour 3-4 sorcières. Des kilos de glucides dans mes foufounes. Alors l’an passé, nous sommes devenus ce que je m’étais jurée de ne jamais devenir, une vieille maudite qui ferme les lumières pour faire croire qu’il n’y a personne à la maison. Horreur.

Cette année, première année d’Halloween pour la Face de pet, nous irons squatter un quartier où le chiffre d’affaire du Jean Coutu repose plus sur le Tempra que sur le Polydent. Un quartier ami des tout-petits plutôt que des petits-vieux. Un quartier où l’asphalte est barbouillé à la craie et où les tricycles trainent dans l’entrée.

vendredi 23 septembre 2011

Montrez ce sein que je puisse le voir

J'aime bien l'émission La Galère, à Radio-Canada. Depuis les tous débuts, presque toujours fidèle au rendez-vous, je suis les aventures de celles qui, par leur personnalité déjantée, donnent toute sa signification au mot "hystérique".

Lorsque j'ai appris que Mimi était enceinte, c'était vers le milieu de la dernière saison, je craignais que le téléroman sombre dans la facilité en reprenant les ardeurs maternelles de la principale intéressée et en les utilisant pour magnifier et sur-exalter la relation mère-enfant. Je craignais que l’auteure en profite pour faire jaillir, dans toute sa plastique splendeur, l'image d'une mère parfaite, fleurant bon les roses comme celles qu'elle affectionne tant.



C'était sous-estimer la bienheureuse folie de Renée-Claude Brazeau.

Enfin, oh sacrilège! quelqu'un a osé démontrer la folie obsessionnelle de notre époque pour le sacro-saint allaitement maternel. Certains préfèrent parler de mafia de l'allaitement. Moi j'aime mieux dire dictature de l'allaitement, je trouve que le terme dictature se prête mieux à l'idée de discours unique qui est véhiculé en ce moment.

Bébé qui a faim, maman qui a les mamelons qui s'émiettent, la diabolisation du lait maternisé, les bassesses qui sont faites pour obtenir le précieux nectar crémeux... tout l'épisode criait: "Réveillez-vous les filles! Ça arrive que ça marche pas, acharnez-vous pas!" Merci, Renée-Claude.

C'est tellement rare que l'on nous tienne ce discours. Les mères qui n'allaitent pas sont constamment dépeintes comme des parias osant reléguer au second rang le bonheur et la santé de Junior. Les déchaînées de l'allaitement s'affichent au grand jour en arborant fièrement le nombre de mois d'allaitement comme d'autres le nombre de jours de sobriété. Et n’allez pas leur parler des inconvénients et des désavantages, c’t’idée! Aucun obstacle n’est insurmontable sans une touche de bonne volonté et un vidéo du docteur Newman. Docteur qui, comme tout le monde le sait, a allaité de très nombreuses années tous les enfants qu’il a portés en son sein.  

Celles qui ont fait le choix de ne pas allaiter respectent bien souvent l’omerta imposée par l’idéologie de l’époque. Elles savent bien que les jugements de valeur, les préjugés et les regards accusateurs tomberaient sur elles comme les tsunamis sur le pauvre monde si jamais elles osaient s’afficher au grand jour.

« Quoi? T’allaites pas? Mais … et les anticorps? Tu as pensé au système immunitaire de ton bébé? Et le sentiment d’attachement? La symbiose absolue dans l’échange de fluide corporel? Tu réalises qu’il y a un bout de plastique entre toi et la chair de ta chair? Et si tu en fais un psychopathe, tu réalises? Dexter, pour moi, n’a pas été allaité. Harper non plus. »

Il y a des cliniques d’allaitement, des spécialistes et des marraines, des associations, des défis et une journée spécialement pour ça, des forums et des conventions, des festivals et une journée fériée. Bon, je m’emporte.

À me lire, vous vous dites sûrement que je suis une maman frustrée qui n’a rien voulu savoir de s’extasier devant une petite bouche édentée tétant goulûment ce qui me sert d’objet sexuel à temps partiel… et bien non. J’ai essayé. Vraiment. Trois douloureux mois. J’ai parcouru mon chemin de croix, les mamelons rouges d’irritation, de sang et d’enflure. J’ai donné … puis j’ai abandonné. Santé mentale aidant. Ben oui toi, ma santé mentale a primé sur le système immunitaire de la demi-portion. La même demi-portion qui en près de trois ans n’a fait qu’une otite. Et qu’un, parfois deux, rhume par an. Aucun probiotique n’a même été assassiné lors de la réalisation de cette Face de Pet. Une santé de fer. De béton. D’acier. Faut croire qu’avec l’allaitement j’aurais pu en faire un Super-Héros invincible. La vache!

Au moins, lors qu’il fera ses petites affaires de psychopathe, à défaut d’être invincible, il sera en pleine santé.

mercredi 21 septembre 2011

La médecine, dans son ensemble, me gosse.

Ok, oui, le corps humain est complexe et ses malaises d'autant plus, mais come on. Je reviens de la pharmacie et la pharmacienne vient de me donner une posologie complètement différente que celle que m'avait donnée sa collègue d'origine asiatique (moi, jamais plus je ne dirai "Y l'ont-tu l'affaire les amaricains?". Ça fait trop 1990. Maintenant, ce qui est à la page c'est les asiatiques. Sérieusement, sont vraiment forts, très brillants. Comme des nerds, mais avec de la classe. Fin de la parenthèse inutile.). Sans entrer dans les détails, la première apothicaire m'avait dit d'y aller allègrement, de me gâter en m'administrant la p'tite potion, mais la deuxième (oeuvrant à la même bat-adresse que numéro un) m'a plutôt conseillé d'y aller délicatement et surtout d'étirer la dose sur une plus longue période de temps. Mouin. Dans le doute, je vais y aller avec les conseils de Prudence Petitpas, mais quand même, c'est outrageant.

Le pire dans tout ça c'est que je ne peux pas leur en vouloir, aux disciples de Jean Coutu. Il doit y avoir autant de façons de se soigner qu'il y a d'individus puisque l'être humain est une variable en lui-même... mais bon, fallait que je ventile, pis ça rentrait pas dans un statut Facebook.

Merci de m'avoir permis d'm'aérer la matière grise.

... demain, réunion de parents. Ça promet.

dimanche 18 septembre 2011

Le parrain IV ... dans une école près de chez vous


Ce vendredi-ci a été assez exceptionnel à l'école. Je veux dire, tous les vendredis sont exceptionnels, dans une école. Il y a une certaine fébrilité dans l'air, une excitation palpable et une énergie disons ... euphorique. Ce doit être l'appel du congé, que l'on entend au loin, qui nous fait dresser les poils. Ça, ou la perspective d'une délivrance prochaine, qui accroche un sourire niais à la face de pas mal tout le monde.



La semaine se termine et bien souvent, quoiqu'en début d'année ce soit moins intense, c'est aussi l’occasion de concours estudiantins d’à-qui-poussera-le-prof-à-boutte-le-premier... des heures de plaisir, je vous dis pas. L'extase pour tous les adeptes de sensations fortes. Je pense même que les fins de semaine sont à la semaine ce que les vacances d'été sont à l'année scolaire... un genre de time-out, de pause, de retraite obligée, d'exil en territoire neutre, question de recharger les batteries et de refaire le plein de santé mentale.  Et j'exagère à peine. Non en fait, je n'exagère pas du tout.



Mais ce vendredi-ci, ah! Ce vendredi-ci, n’avait rien à envier à Omerta, au Parrain ou aux Sopranos de ce monde. Ce vendredi-ci était canon. Canon de 12 pompeux. Comme dans « L’enseignante se fait gentiment accueillir par le SWAT (ben, pour dire vrai, le policier était juste habillé en noir) et son gros canon de 12 pompeux lors de son arrivée sur le terrain de l’école transformé pour l’occasion en centre de détention ». Je veux ben croire que j’enseigne dans un milieu hot (dans le sens de « qui me donne parfois des sueurs ») mais de là à ce qu’un (assez sexy je dois l’avouer) membre de l’escouade de ceussent qui courent après les méchants m’accueille armé jusqu’aux dents (son gun, tenu dans le creux de sa main, bras déployé le long du corps, y allait jusqu’aux dents) il y a une marge. Un fossé. Un gouffre. Que dis-je, un canyon.



C’est donc un peu craintive qu’après avoir immobilisé mon véhicule à quelques mètres de ce représentant de l’ordre (mon truck c’est de la bouette, mais pas au point de risquer de le voir criblé de balles) je me suis avancée tout doucement, mon sourire niais du vendredi au visage, pour lui demander que diantre pouvait-il se passer pour que j’aie droit à la haie d’honneur des combattants du crime. C’est alors qu’il m’expliqua, comme une serveuse décline machinalement la carte des desserts, qu’un individu dangereusement armé rôdait dans les parages et que je devais entrer dans l’école et n’en ressortir sous aucun prétexte. Rien que ça.



Je vous mentirais si je vous disais que jamais, au grand jamais, il ne m’est passé par la tête de retourner de bord et de prétexter un risque quelconque pour mon intégrité physique en « callant malade » mais je me suis mise à penser à tous les « front page » que je n’aurais aucune chance de faire si l’occasion de sauver l’école des griffes d’un maniaque dangereux, sanguinaire et cruel se présentait.  J’suis de même moi, toujours prête à me dévouer pour faire la une du Journal de Mourial.



Je me suis donc dépêchée d’entrer à l’intérieur, tout en observant d’un œil étonné les pompiers faisant leur jogging quotidien, autour de l’école. « Le cours doit être contingenté, ils doivent pouvoir se permettre quelques pertes, c’est comme rien »  que je me suis dit, en haussant les épaules. Une fois à l’intérieur, mis à part quelques secrétaires surexcitées par cette overdose d’adrénaline, c’était le calme plat. J’ai oublié de vous dire que je n’avais pas la première période ce matin-là et que les élèves étaient en classe lorsque l’opération policière a débuté. Léger détail. Donc mis à part l’hélicoptère atterrissant dans le terrain de soccer et les policiers patrouillant autour de l’école, cerises allumées, les doux chérubins n’ont rien vu de tout ça. Mouin. Je me suis donc dirigée rapidement vers la salle des profs et j’ai pu y apprendre que les agents de la paix recherchaient des hommes armés s’étant sauvés à bord de leur BMW noire. Ils auraient laissé la BMW non loin pour aller se cacher dans le boisé derrière l’école. Le même où les sentiers sont identifiés par une myriade de petits sachets carrés. Sachets de pot, de pilules ou de condoms, c’est au choix.



Je suis donc allé offrir mes services à ma directrice adjointe (vous vous rappelez mon objectif premier de front page?) avant d’aller rejoindre les collègues qui comme moi n’avaient pas la première période. Nous en avons profité pour procrastiner un brin en tendant une oreille attentive, à l’allure désintéressée, aux walkies-talkies de la direction, source intarissable d’informations semi-secrètes, de potins et de sujets de conversion sur l’heure du dîner. Finalement, les donneux de tickets n’ont pas réussi à appréhender les suspects (Claude Poirier sors de ce corps) à temps pour la fin de la première période, alors il a fallu garder les jeunes dans les locaux de classe.  Pas super longtemps, mais 40 minutes d’occupationnel avec une gang d’adolescents survoltés (je vous rappelle que nous sommes un vendredi) c’est du sport. Digne des meilleurs athlètes, pis encore. Des meilleurs athlètes, sur l’EPO enrichie de créatine. Pas facile. Pis là je parle pour mes collègues parce que moi je me la coulais douce, peinarde, dans le pavillon. Mais bon, je peux facilement imaginer.



Ceci dit, ce n’est que vers 11h45 que le directeur a reçu la permission de relâcher les fauves puisqu’après quelques échanges de coups de feu (Laval c’est bon pour le moral!) les policiers avaient arrêté les suspects, de race anonyme. (Celle-là, de race anonyme, je l’ai volée à Claude 10-4 Poirier. Rendons à César ce qui appartient à Claude. Je l’ai trouvé sur sa page Wikipedia. Il y en a plein d’autres tout aussi juteuses, vous irez voir!).



Ce n’est qu’une fois revenue dans mon antre que j’ai appris qu’il s’agissait d’une histoire impliquant le chummy à Rizzuto, Raynald Desjardins. Une banale histoire de mafia italienne, une guerre entre Sicilien et Calabrese, la routine habituelle quoi.  



Faut croire que l’enseignement ce n’est pas suffisamment excitant, parfois faut y ajouter une p’tite dose de piquant!



Sur ce, je retourne à mon exil ressourçant. Bon dimanche!