lundi 26 décembre 2016

Mélancolie festive

Je me rappelle d'un Noël où ma mère, au grand dam de mon père, avait décidé de troquer la traditionnelle dinde pour de toutes mignonnes cailles. Je les revois encore, les deux petites volailles dorées, bien délicates à côté de patates plus si grelot que ça. Je me rappelle que le regard exaspéré du paternel contrastait effrontément avec la fierté pétillante qui envahissait ma mère, lorsqu'elle a déposé nos assiettes sur la table.

Dieu qu'elle me manque.

Elle me manque tout le temps, mais comme la douleur liée à sa perte est proportionnellement inverse au niveau de bonheur ambiant, elle me manque cruellement dans le temps des Fêtes.

Quand j'ai scrapé mon sucre à la crème, j'aurais aimé l'appeler pour lui dire que ce qu'il y a de cool avec mon époque, c'est que je peux faire passer ça sur le dos d'un lutin. Pis que je peux le publier sur Facebook pour faire rire mes amis, ou l'écrire ici pour en faire pleurer d'autres.

Quand nous avons fait notre sapin, j'aurais aimé lui en envoyer une photo. Je lui aurais montré qu'heureusement, les pins ne sont plus tendance en 2016 mais que je m'ennuie de mettre des glaçons métalliques sur chaque épine de notre estival conifère. D'ailleurs, ça me fait penser qu'étrangement je m'ennuie de ses guirlandes métalliques en accordéon, celles qu'elle accrochait au plafond en pinçant les lèvres, de peur que le papier collant arrache la peinture une fois les Fêtes passées.

Quand pour la première fois de la saison l'Homme a fait vibrer la maison de ses festifs rigodons, j'aurais aimé lui dire de passer faire un tour, de venir voir comme ses petits fils ont la même étincelle qu'elle dans les yeux, lorsqu'ils rient. En fait, s'il n'y a qu'une chose que j'aurai retenu de son passage dans ma vie, c'est définitivement l'importance d'embraser les regards. De toujours garder la flamme vive.

Lors du réveillon de Noël, j'aurais aimé qu'elle me raconte ceux de mon enfance. Surtout ceux, toute petite. Le souvenir que j'en ai est fade et délavé, tellement il a été ressassé. J'aurais aimé qu'elle soit là, et elle aurait probablement adoré y être. Je me rappelle encore comment elle se promettait d'être une grand-maman gâteau, tarte et bonbon, alors que je n'avais que 12 ans à peine. Ça aurait été son meilleur rôle à vie, à n'en point douter.

Si elle avait encore été parmi nous, je pense que cette année je lui aurais cuisiné des cailles, question de la faire rire et de voir une fois de plus dans ses yeux, l'étincelle qui rayonne aujourd'hui encore, à travers mes garçons.

dimanche 25 octobre 2015

C'était un de ces matins dont le froid vous glace jusqu'à l'âme

Il y avait le même vent frais et humide qui me rongeait la joie de vivre, ce printemps. Nous sommes désormais l'automne et il est encore là, le même souffle terreux, embrumé, poignant. Comme si le fond de l'air qui m'entoure souffrait, lui aussi, de cette perte. Il pleuvait tantôt, l'allégorie de la nature en deuil était alors complète. 

La musique mélancolique qui m'enveloppe joue-t-elle seulement dans ma tête? Je ne saurais dire, car même lorsque je baigne dans le silence, des notes, plaignardes et langoureuses, tapotent sur les touches écorchées de mes sentiments. Jusqu'à aujourd'hui leur présence m'était apaisante car elles m'évitaient d'avoir à remplir le silence de mes sanglots, mais elles ne me sont plus nécessaires. Du déni je suis passée à la colère. Et ma colère n'a rien à faire de ma langueur. La colère veut de la rage, de l'anarchie, de la haine... Je dois bien en avoir quelque part dans mon iPod. 

Je n'ai pas le temps de chercher, les installateurs d'épitaphe sont là. Ils viennent d'arriver, guillerets. S'ils savaient que leur granit, même joliment taillé, est mille fois moins lourd que mon désespoir, ils ravaleraient leur air sympathique. Lointaine est l'époque où les croque-morts et leurs acolytes avaient la décence d'afficher le physique de l'emploi. Savent-ils seulement que cet homme était ma plus grande fierté et ma plus grande honte, tout à la fois? Lors des froides nuits d'hiver, lorsque la bise glaciale pénètre avec agonie dans toutes les interstices de la maison, je crois entendre résonner l'écho de ses colères légendaires.  Cette même maison qu'il m'a offerte avec tout l'amour de l'univers, tout juste avant de revenir mourir sur sa terre natale. Tant d'amour et tant de haine en même temps, expliquent sans doute le gênant soulagement qui côtoie l'immense vide qui m'habitent depuis son départ. La terre est gorgée d'eau et la fondation, coulée il y a déjà quelques semaines, semble encore dégoulinante. Mais ce n'est qu'illusion, elle est aussi dure et froide que la lourde stèle qu'elle s'apprête à recevoir. 


Les gais lurons blaguent un peu, soucieux de détendre l'atmosphère. Ces pauvres fous ne savent toujours pas qu'ils se trouvent dans un cimetière, à une semaine de la Toussaint. Je souris, pour chasser le probable malaise s'ils réalisaient que je suis déjà à des millions de kilomètres de leurs facéties. Je suis en raquettes, je suis toute jeune. Je suis juste derrière mon père. J'ai mes belles jambières multicolores et j'adore le son de ces larges pieds de babiche s'enfonçant dans la neige craquante. La forêt s'est tue pour écouter les oiseaux se dire à quel point il fait froid. Le moment est parfait.

Ils me ramènent brutalement dans ce village que je déteste pour m’annoncer que c’est maintenant officiel ma p’tite madame, une lourde part de vous est maintenant solidement fixée en son sol. Je les en remercie. Probablement par habitude, car chacune de mes cellules leur crie d’aller se faire foutre, que s’ils ont fini leur sale boulot, qu’ils décâlissent, que je ne les paie pas pour être gentils. 

Tout ce que je leur ai demandé c’est d’installer un bout de roche pour que les oiseaux sachent à quel endroit venir chialer, maintenant que papa ne peut plus faire de raquette. 

samedi 24 octobre 2015

Je savais que tu y serais ...

... Et je savais que cette soirée se terminerait ainsi. À chaque fois, c'est toi. Même lorsque ce n'est pas vraiment toi, qui m'afflige et me gave de ta présence, c'est encore toi. Tout me ramène à toi, malgré moi. Chaque son, chaque lueur, chaque vibration imposée à mon être dans le tumulte de ces soirées, me ramène à toi. Je le jure, tous mes efforts sont voués à t'éloigner de moi, t'effacer et t'oublier... mais tu reviens toujours. Comme hier soir...

Tu y étais, encore une fois. Je t'y ai vu, je t'ai même senti venir vers moi, t'approcher, surnoisement, jusqu'à être si près que je te sentais presque, m'effleurant le haut de la nuque. J'imaginais déjà la sensation de frisson qui m'envahit, lorsque qu'habituellement, de ce point, tu remontes tout doucement, m'étreignant la base du crâne tout en faisant délicatement monter ma température corporelle. Seul toi sais me faire perdre tous mes moyens ainsi. Entrer dans mon esprit, t'y installer et prendre le contrôle.

Je savais que tu serais là, car c'est ton genre d'endroit. La musique, qui tambourine sur chacune de mes cellules son lourd tempo. Le bar, tellement bondé que tous les sens sont aux aguets, tel un éveil soudain des instincts primitifs lorsque au détour d'un effleurement, les âmes se touchent. La game, ainsi que les cris et les feux d'artifice qu'elle entraine à sa suite. Toute cette tension mondaine, cette pression excessive sur les esprits, c'est ce qui t'allume et j'irais même jusqu'à dire que tu en émane. Et cette nuit tu m'en as aspergée. Salaud.

J'en étais pleine ce matin. Particulièrement dans le haut de la nuque... à savoir que c'est ce qui t'attire chez moi. Tu y es entré et t'y es installé, comme tu l'as déjà fait si souvent avant. Chaque fois, je me dis que c'est la dernière. que plus jamais on ne m'y prendra. Que plus jamais je ne réunirai les conditions te permettant de m'envahir et me tourmenter ainsi ... Et pourtant ... Je pourrais facilement croire que tu aimes me faire souffrir. Que ta présence dans mon esprit, bien qu'elle me cause à chaque fois supplice et affliction, te remplisse d'aise.

Tous les éléments étaient réunis, hier soir, pour que tu y sois... et effectivement, je t'y ai vu. Je savais qu'en allant dans ce bar hier, comme à chaque fois, je sortirais de là avec ...

... un ostie de mal de tête.  

jeudi 10 juillet 2014

Tu savais pas?

Oui monsieur, moi, j'ai allaité. Mon premier, pis mon deuxième bébé. Aaaaahhh pas longtemps par contre. Ça ne se compte même pas en année. Mais j'ai allaité, oui! oui! De mon sein maternel a jaillit une quantité substancielle d'or blanc.

Tu savais pas? T'es sûr? Pourtant ...

Tu n'as pas vu mes quelques 78 statuts Facebook sur le sujet? Tu sais, ceux où je te tenais informé jour après jour de l'alimentation parfaitement équilibrée et naturellement saine que je prodigue à mon bébé en l'allaitant? Je suis si heureuse que Zuckerberg me permette maintenant de montrer à tous le scintillant bonheur qui m'anime lorsque je rempli mon bébé de lait. Tu n'as pas non plus vu ma photo de profil, où je partage avec la planète l'extase émouvante d'une communion sacrée entre une mère et son fils? Arrête. J'suis sûre que tu l'as vue, on y voyait même mon autre toton qui faisait des tatas. Non? Ah bon.

Tu ne m'as pas vue, sur ton fil Facebook, en train d'allaiter, totons à l'air et gerçures au frais, pendant que je portais mon garçon dans un sling en coton bio? C'était juste après la photo où j'allaitais dans la piscine et avant celle où on voit bébé couché sur le torse nu de mon chum, la bouche grande ouverte comme s'il lui sucottait le mamelon! Haha! C'est sûr que tu l'as vue celle-là! Trop drôle.   ... Non? T'es certain?

Tu ne savais pas que j'avais même été allaiter dans une rassemblement de mamans qui allaitent lors du dernier congrès des mères allaitantes associées et enregistrées? On en a fait un vidéo qui a été vu des milliers de fois sur YouTube. La tivi était là, tout le gros it. Ils ont tout filmé, partout y'avait plein de bébés qui se bourraient la face goulûment, leur p'tit nez enfoui dans nos gros lolos! Allaiter c'est bien, mais allaiter toutes ensembles sur une p'tite chaise carrée ben alignées devant un stage dans un sous-sol d'église, c'est magique! Faut vraiment que tu voies ça.

Dans ce cas, tu as sûrement entendu parler au moins une fois, au détour d'une conversation ou peut-être même aux nouvelles, du fait que j'ai allaité? Ce que veux dire, c'est que ça intéresse tout le monde de savoir que j'ai donné le sein, alors je me fais un devoir de répendre la Bonne Nouvelle. C'est d'ailleurs le mandat que je me suis donnée en partageant mon expérience laiteuse avec tous mes proches. Et avec les voisins et un coup parti, tout le quartier. De toute façon, tel est mon droit, après tout. J'ai donné la vie, môa.

Ça ne te dit vraiment rien? Dans ce cas, tu dois sûrement être au courant que j'ai courru 37 km en 10 minutes non? Pourtant ... je m'efforce d'en informer tout Facebook aux deux, trois jours maximum.

Ça intéresse tout le monde, tout le monde sait ça.



lundi 5 mai 2014

On lira quand on sera mort.

L’autre jour, à la friperie locale, il y avait une vente de livres usagés et je m’en suis procuré un, qui est en fait un classique dans ma profession, Émile ou De l’édu

-          « Étienne, lâche l’écran du portable, tu vas le briser. »

cation, écrit par Jean-Jacques …

-          « Guillaume bâtard, c’est quoi l’idée de licher mon écran? Tu te demandais vraiment ce que ça pouvait goûter?! »

… Rousseau. Non seulement c’est un livre que j’aurais dû lire à l’université, mais je devrais même être en mesure de pouvoir en réciter des extraits, question d’impressionner mon directeur et d’embêter mes a…

-          « Ben oui Guillaume, c’est très drôle un gant sur ton pied. ÉTIENNE! Arrête de faire tes dents sur la table du salon!»

…mis. Mais non, même s’il s’agit là d’une œuvre magistrale, je n’ai jamais lu le bouquin de Rousseau. En fait je n’ai même jamais lu un de ses écrits. On m’en a déjà exposé les idées générales, j’ai même déjà fait des travaux sur sa vision de l’éducation, mais je n’avais jamais lu l’œuvre intégrale. Alors je me suis procuré l’ouvrage de poche pour probablement le même montant qu’on dû le payer les lecteurs de l’époque, si ce n’était de l’inflation.

Ce n’est qu’une fois arrivée à la maison que j’ai réalisé quel geste inconscient je venais de faire.

-          « Ben oui mon bébé, maman va lâcher l’ordinateur et aller te faire à dîner. Donne-moi deux secondes, j’arrive au punch là. »

J’avais acheté un livre.  Comme lorsque j’étais jeune, insouciante et ...

-          « Guillaume arrête de pleurer, Étienne n’a pas pu te mordre SI fort, c’est juste qu’il a faim là… »

… libre. Libre de mon temps, libre de mes gestes, libre de penser.  J’avais le temps, jadis, de me verser une coupe de vin, de m’asseoir dans mon fauteuil préféré et de me perdre dans une avalanche de mots. Maintenant, quand j’attrape au vol un cinq minutes de plénitude, j’engouffre mon vin, préalablement versé dans un verre de plastique, question que …

-          « Et le tournoi de baseball dans la maison, c’est l’idée de qui?  »

… vous aurez compris. Lorsque, mon gobelet de super-héros plein à ras bord de vin dans la main, je fais preuve de ruse pour éloigner l’ennemi (de 5 ans à peine, mais aux âmes bien nées …) de mon précieux fauteuil, c’est plutôt sous une avalanche de jouets et de trucs gluants non-identifiés que je me retrouve.


Et c’est ainsi qu’Émile ira rejoindre Astérix chez les Pictes que je n’ai même pas encore ouvert et L’Ombre du vent, que j’avais eu la chance d’entamer, alors que je passais une nuit dans ce tout-inclus à l’occasion de la naissance de mon deuxième gobeur de temps. Il ira ajouter de la hauteur à cette tour de livres que j’aurais dévorée dans ma vie d’avant, mais dont je ne peux qu’humer la délicate odeur de papier fraîchement imprimé dans celle-ci.    

jeudi 10 avril 2014

La journée avait pourtant bien commencé ... (suite et fin)

Bien que je fusse située dans un quartier relativement homogène -à plusieurs niveaux- de Laval, je peux dire que j’en ai vu de toutes les couleurs durant cette journée. Heureusement, c’est ce qui colore ce texte me direz-vous! Cependant, comme chacun sait, après l’arc-en-ciel, le gros paquet de nuages gris …

J’en ai vu passer des bozos en ce 7 avril. Toute du bon monde. Un seul, un barbu ventru et bourru, a été brusque pas mal, en vociférant un « Anyway, je les ai déjà perdues mes élections, fait que pour ce que ça vaut! » tout en enfonçant son bulletin de vote dans l’urne avec l’énergie du désespoir, le cœur gros et la tête lourde. Madame D. s’est offusquée - avec retenue, évidemment - qu’un tel rustre ose nous brusquer ainsi, « Quel malotru! Quel goujat! » M’a-t-elle répété à maintes reprises tout au long de l’après-midi. Moi j’aurais aimé le prendre dans mes bras et lu frotter le dos, en lui faisant des tututututuuut. Je le comprenais tellement.

Et puis la journée a suivi son cours. J’en ai rencontré des drôles, des gênés, des pressés, des charmeurs, des insouciants, des résignés, des snobs, des excités, des exaspérés … mais toute du bon monde. J’étais tellement fière de la mobilisation, près de 85% des gens sur ma liste étaient venus voter!  Je me suis dit qu’ils ne pouvaient pas tous voter du bon bord, mais qu’ils ne pouvaient pas tous non plus voter du mauvais bord. Avec une lutte à quatre partis sérieux et à un je-serai-un-jour-un-grand-parti, ce n’est pas le choix qui manque. D’ailleurs, lorsqu’est venu le temps de dépouiller les votes, la lutte était très chaude. Un vote pour un, un autre pour l’autre, et presque autant pour le 3e. Un peu moins pour le 4e parti. Pis le 5e? Ben lui, y’a eu juste quatre votes, autant que le nombre de votes annulés. Mais bon, 4 votes x 1,50$, ça fait 6$ dans les poches du parti! Humm. Passons.

Vingt heures est finalement arrivé et avec lui le moment d’éventrer l’urne pour en décortiquer les entrailles. Pendant que j’additionnais les X sur les bulletins, un beat de film de suspense tournait en boucle dans ma tête et me restera en mémoire comme la bande sonore de mon lundi soir aux élections.  Lorsque le compte fut bon, mon cœur s’emballa alors je constatais que ma candidate, ma Bonnemine, figure emblématique parmi d’autres de la nation d’irréductibles que nous sommes, menait la course. Elle n’avait pas l’avance confortable la mimine, mais elle menait. De six gros votes sur le jeunot du collège. De dix sur monsieur j’augmenterai-promis-promis-les-salaires-des-profs-mais-finalement-dis-huit-mois-plus-tard-je-n’en n’ai-plus-les-moyens. Et de quarante-quelques sur l’équitable pointe de tarte.  Une belle répartition, à l’image du Québec et de sa diversité. J’avais vraiment le cœur joyeux. Le système a des ratés, mais il marche! Regardez! Un gouvernement minoritaire, où tous les partis sont bien représentés et par le fait même où tous les citoyens pourront d’une façon ou d’une autre y trouver leur compte. Moyennant évidemment un peu de bonne volonté politique, mais ça c’est une autre histoire.

Et puis le couperet est tombé, décapitant du fait même mes espoirs les plus fous pour ce peuple que j’aime d’amour et que j’enseigne à qui veut bien écouter. En allant porter l’urne engrossée de tous les formulaires dûment remplis, doublement signés et quadruplement scellés, j’ai demandé à la responsable du scrutin, le sourire niais rempli d’attentes, si elle avait une idée des résultats. À voir son sourire s’effacer, j’ai compris que je devais prendre mes jambes à mon cou et courir, courir, courir sans jamais me retourner. Pour une raison qui m’échappe, je suis demeurée là à la regarder m’annoncer, penaude telle une enfant que l’on punit, que Pierre Bruneau avait prédit un gouvernement Libéral majoritaire. Je me rappelle l’avoir remerciée et m’être rapidement dirigée vers l’extérieur… pas question que l’on me voie pleurer, ce n’est qu’une élection. Ce n’est que quatre ans. Ce n’est qu’un gouvernement. Ce n’est que … mais pourquoi ne puis-je pas m’arrêter de pleurer? Je dois être fatiguée. Je vais aller me coucher en arrivant. Pour ça il faudrait que j’y arrive, je ne vois rien, j’ai les yeux plein d’eau. Mon chum m’attend sur le pas de la porte, il m’a entendue arriver et sait que je serai démolie. Si je me connaissais aussi bien que lui me connait, je n’aurais pas demandé les résultats avant de partir de l’église. Et je serais montée me coucher. Mais comme mon comportement est souvent une série de « what the?» aux yeux de mon raisonnement, j’ai ouvert mon ordinateur et je suis allée voir ce qu’en pensait Facebook. Erreur. Non seulement la plupart de mes amis étaient consternés, ils  étaient atterrés. Rien pour me remonter le moral. Ne pas réélire le PQ c’est une chose, il a un peu couru après. Mais élire, d’une importante majorité dois-je le rappeler, les Libéraux dont nous savons tous qu’ils sont corrompus jusqu’à la moelle? Pourquoi pas la CAQ? Ou Québec solidaire? Même Option nationale est un choix éclairé comparativement à toutes ces personnes que l’on voit défiler devant madame la juge, l’air repenti mais les doigts croisés dans le dos.

 Les fils se sont touchés, je me suis dit qu’au lieu d’insulter personnellement tous ceux qui se vantaient d’avoir gagné leurs élections, (mais dont la jouissance réelle était de voir la première ministre sortante perdre le pouvoir) mieux valait faire un appel à tous générique : tu as voté Libéral, (lire : tu as voté contre le français, contre la dette, pour la corruption et le multiculturalisme, contre les programmes sociaux et la culture, pour la toute-puissante entreprise privée et la collusion, tu as voté pour Sam Hamad et Gaétan Barette, tu as voté contre la Commission Charbonneau et pour la signature de la constitution canadienne, tu as voté pour Gilles Vaillancourt et Tony Accurso… ok, on arrête là, ma pression monte.) Bref, tu as voté Libéral, alors tu mérites mon mépris. Je l’ai regretté après. Je me suis rappelée que des amies très proches prévoyaient voter Libéral et que je les avais sûrement blessées. Je me suis rappelée que c’est par l’éducation que l’on change les mentalités et non pas par l’arrogance et la hargne. Je me suis rappelée que mon beau grand pays, il va falloir que je l’explique aux autres, pour qu’ils cessent d’en avoir peur. Qu’il va falloir que je leur montre d’où l’on vient, d’où cette soif de liberté et d’indépendance est issue et ce qu’a traversé le Québec depuis bientôt 500 ans pour en arriver là. Surtout, surtout, il va falloir que je me rappelle que ma nation a déjà affronté des périls bien pires que quatre années de mauvais gouvernement.

Et qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.  

mercredi 9 avril 2014

La journée avait pourtant bien commencé ... (2 de 3)

Monsieur Mo nous a parlé un peu de son Maroc natal, que ses parents avaient immigré ici principalement pour offrir à son frère et lui une meilleure éducation, mais que dès qu’il en aurait la chance, il retournerait là-bas. Ses parents y possèdent encore un appartement que la famille occupe tous les étés, à 15 minutes de l’océan. Ça m’a fait penser à mon père qui aimerait tellement qu’après son décès, j’utilise son bungalow du fin fond de l’Ontario rurale comme chalet. «Yien que vingt minutes de becycle pis t’arrives à un beau p’tit marais où tu peux pêcher du brochet long d’même! ». Ouiiii papa.  

Je vous raconte ça et on a eu l’air d’avoir jasé toute la journée, mais détrompez-vous. Nous nous sommes démenés pour permettre à la plèbe d’exercer son droit le plus fondamental. Dès l’ouverture, il y avait foule. On faisait la file pour choisir qui sera le prochain à représenter notre petite circonscription lavalloise. Allait-on reconduire le mandat octroyé à la députée péquiste sortante? Fort sympathique d’ailleurs, la dame. Plus petite que sur sa photo de pancarte, quoique perchée moins haute, elle me faisait penser à Bonnemine, mais teinte en brun. Elle, tout comme le jeunot du parti Libéral, sont venus serrer des mains. Ce dernier a dit en voyant la canette de thé glacé format gros cochon de monsieur Mo « Haha! Très bon choix, moi aussi j’en ai bu en masse au collège». On en apprend beaucoup sur les gens selon qu’ils utilisent le terme collège ou CÉGEP.

Madame D. elle, n’aurait jamais osé boire son 10 litres de thé glacé à la table, elle a dû me répéter 23 fois que ça la gênait tellement de manger son sandwich devant le monde. Elle enviait mon sandwich sur pain baguette et m’a avoué qu’elle avait choisi de faire le sien avec du pain tranché parce que ça s’avalait plus vite. En fait, elle a fait ça tellement vite que je ne me rappelle pas l’avoir vue mâcher. Elle m’en a avoué pas mal des affaires cette journée-là. Entre autres que sa voisine d’en face, celle qui est là-bas et qui s’en va voter à l’autre table, ben elle l’a invitée à son mariage et elle la considère comme sa deuxième mère … « mais comprends-tu, je ne la connais presque pas! Que veux-tu que j’aille faire là ma foi du Bon Dieu? ». Elle m’a aussi avoué que son sac à lunch, c’était sa belle-sœur qui lui avait prêté et que ça n’avait toujours ben pas de bon sens de faire des sacs à lunch aussi roses. Une vraie belle petite madame.


 J’ai été gâtée en p’tite madame ce jour-là … il y a d’abord eu ma plus vieille. Née en avril 1929. Je lui ai dit, avec mon sourire des dimanches ensoleillés, que c’était notre électrice la plus âgée de la liste! Dans un rictus, elle m’a craché au visage qu’elle n’en avait rien à foutre et que j’avais intérêt à lui sacrer patience, qu’on en finisse.  En fait son dentier était trop grand, je n’ai rien compris, mais c’est ce que j’en ai déduit.  Il y a ensuite eu notre Asiatique, si fraîchement arrivée que je n’étais pas sûre qu’elle l’ait réalisé encore. Son mari nous a demandé s’il pouvait voter pour elle.  Nous lui avons répondu non. Il nous a demandé s’il pouvait aller avec elle derrière l’isoloir pour lui montrer pour qui voter. Nous lui avons répondu non. Il a compté les candidats, il lui a dit de voter pour le troisième. Elle est allée derrière l’isoloir. Elle est revenue et a eu l’air de lui demander, « À partir d’en bas ou à partir d’en haut? ». C’est à ce moment que je me suis pris la tête entre les mains et que j’ai pleuré.  Elle est allée derrière l’isoloir et est revenue. Elle nous a montré son vote pour nous demander si c’était le bon candidat qu’elle avait choisi. Madame D. m’a regardée, je l’ai regardée, monsieur Mo a pris une gorgée de thé glacé, nous rêvions tous d’être ailleurs. J’ai eu une pensée pour  Guy Nantel.  J’ai expliqué à la dame, en anglais of course, que le vote devait être secret. Elle a souri de honte, j’ai souri de rage, son mari a souri de gêne, elle a déchiré son vote au mauvais endroit, il a fallu tout recommencer. Shit. 

À suivre ... 

mardi 8 avril 2014

La journée avait pourtant bien commencé ...

J'avais bien dormi, étrangement. Je dis étrangement parce que d'habitude, avant un évènement stressogène je dors mal. Je me réveille tout le temps, je regarde le cadran, le coeur serré d'avoir cru passer tout droit. Là, j'avais bien dormi. Je me suis même réveillée dix minutes avant que ne résonne l'alarme, heureuse de pouvoir regarder s'égrainer les secondes avant de m'extirper de la moiteur de mes draps. Je me suis ensuite levée, ravitaillée, douchée, habillée et préparée le sourire aux lèvres. Il y avait même du Coldplay qui jouait dans la salle de bain pendant mes ablutions, c'était définitivement un début de journée de grand champion.

Cette journée-là, je travaillais. Une p'tite jobine, on the side, pour le gouvernement. Après 9 mois d'une maternité épanouissante mais accaparante, me rendre utile moyennant retribution m'apparaissait comme une heureuse occasion de gambader à travers le vaste monde, child-free. Somme toute, il ne semblait n'y avoir que du positif à cette expérience dont l'hypothèse de départ était: "Si une journée commence bien, il n'y a aucune raison pour que les élections du soir même ne finissent mal". Oh que j'avais tout faux. Mais poursuivons plutôt sur notre lancée optimiste. Comme je le disais, cette journée-là, je travaillais aux élections. Je travaillais pour ce DGE qui, quelques semaines plus tôt, avait rassuré la populace: il n'y a rien d'étrange à ce qu'un Ontarien qui ne désire pas s'intégrer ici au point d'apprendre le français tienne tout de même à participer à la vie politique. Ils adorent la politique québécoise les Ontariens, c'est bien connu. De vrais mordus. 

Bref, j'étais une des trois zoufs qui vous accueille lorsque vous venez voter. Celle du milieu, pour être exacte. Ma tâche consistait principalement à cocher d'un petit crochet le nom de ceux qui étaient venus remplir leur devoir de citoyen. J'avais d'autres fonctions aussi, mais aucune occasion de les mettre en oeuvre ne s'est présentée. Je pouvais, par exemple, faire prêter serment à quelqu'un qui, d'après les petits crochets sur ma feuille, avait déjà voté par anticipation. S'il me jurait que ce n'était pas lui, qu'il devait y avoir erreur, que cette journée-là il était chez sa soeur à Sherbrooke et que jamais au grand jamais il n'oserait frauder le système, je pouvais le faire voter. Mais ça ne m'est pas arrivé. 

Donc je me suis présentée ce matin-là, à l'immense église évangélique du coin. Tellement immense, que nous étions dans le gymnase de l'église. T'imagines? Un gymnase dans une église. J'étais pas loin du panier de basket. Pis après on se demande pourquoi les églises catholiques se vident... avez-vous déjà joué au basket entre deux professions de foi vous? Moi j'ai déjà ronflé, rêvassé et somnolé, mais joué au basket? Jamais. Alors ce n'est pas loin du panier de basket que j'ai rencontré madame D. Elle m'attendait, elle venait tout juste d'arriver et avait commencé à ouvrir l'urne pour la vider de ses innombrables enveloppes, scellés et formulaires, dont le précieux A-38. Je me suis présentée, elle était contente de me voir. Ravie serait plus juste. La personne que je remplaçais (on m'a appelée à la dernière minute) avait un nom imprononçable et je crois que ça la rendait anxieuse. Elle était toute délicate, une vraie belle petite madame. Elle ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait, elle avait été inscrite par quelqu'un (mais qui, diantre?) et on l'avait appelée. Elle avait accepté et suggéré que l'on engage également monsieur. Alors ils étaient là, tous les deux, pour un gros douze heures d'immersion électorale. Peu de temps après, s'est présenté monsieur Mo. D'origine maghrébine, étudiant à Momo, lui il savait qui l'avait inscrit. C'était maman. Il étudiait en sciences humaines, voulait se rendre à l'université en droit mais devait passer avant par quelques cours en tant qu'étudiant libre pour augmenter sa cote Z. ou R. Je n'ai pas trop suivi. Il a dû faire un "what's up?" à la demie-heure à des "bros" qui étaient venus voter. Il était sympathique, monsieur Mo, apparemment il avait un grand cercle d'amis. Lui sa job c'était de marquer le numéro des électeurs qui venaient voter sur une liste et de transmettre cette liste aux différents partis politiques. T'sais quand ton parti t'achale le jour de l'élection pour te rappeler d'aller voter? Ben c'est en partie à cause de monsieur Mo. Il n'était pas jasant monsieur Mo. Alors la toute douce madame D, dont on se rappelle qu'elle n'aime pas trop ceux qui ont des noms à consonnance exotique, s'est occupée de lui faire la conversation, passionnée qu'elle était de comprendre ce que les femmes voilées pouvaient bien trouver d'agréable à se couvrir ainsi. La journée s'annonçait épique. 

... à suivre.

dimanche 17 février 2013

C'est plate. Comme dans plate de chez Plate.

Ouin ben ... c'est plate.

Habituellement je ne suis pas du genre à me plaindre, mais là, c'est plate.

Après deux ans de valeureux efforts et d'énergies énergiquement dépensées, mais surtout d'un don de soi exceptionnel (surtout pour l'Homme, ce bout-là) l'arbre de notre amour a fini par donner des fruits. Un fruit, en fait. Qui sera mûr à la mi-juillet, mais cueilli une semaine avant grâce aux bons soins de notre médecine moderne.

D'ici la récolte des nuits blanches et des couches empestant le méconium, je suis retirée du travail, mon organisme n'ayant pas cru bon se prémunir contre les attaques dues au parvovirus. Virus également connu pour son 5e rang dans la grande liste des maladies. Ses amis l'appellent aussi l'érythème infectieux. Pis les anglos le slapped cheek syndrome. Bref, j'suis pas immunisée, donc retirée de l'école où j'enseigne, donc à la maison à longueur de longues longues journées.

Pis c'est pas pour moi. Je comprends parfaitement que certaines personnes (et même, de plus en plus d'hommes!) trouvent le bonheur dans la douceur de leur foyer, mais ce n'est pas mon cas. Je trouve mes journées affreusement, mortellement, ennuyeusement ... plates.

J'en profite pour passer du temps avec fiston, pour aider Bones à résoudre des énigmes criminelles grâce à mes absentes connaissances anthropologico-médicales, pour me reposer, lire et aller au cinéma. Je trouve même un peu de temps pour procrastiner sur cette diabolique invention chronophage qu'est Facebook. C'est tout dire. En désespoir de cause je me suis inscrite à l'université pour tenter de combattre l'ennui par le manque de temps et je devrais commencer des études à distance ... quand l'administration aura complété mon inscription, c'est-à-dire dans mille ans. D'ici là, vous l'aurez deviné ... c'est plate.

Vendredi prochain nous connaîtrons peut-être le sexe du fruit défendu (nous ne sommes pas mariés) et j'aurai un nouveau déversoir pour mon ennui dans la préparation du comité d'accueil de cet hériter deuxième; je pourrai intoxiquer la morosité avec les effluves de peinture et noyer la langueur dans l'eau de lavage des couches.

Le mois prochain les premiers cuicuis printaniers me permettront de dépoussiérer l'ennui dans une valse endiablée de ménage de saison et les rayons ensoleillés chargés d'une douceur toujours plus chaude me permettront de balayer à l'extérieur les restants de spleen hivernal. Mais pendant que nos amis à poil hivernent toujours ... je suis lasse, très très, lasse.  

Je sais, je sais, je vous entends d'ici me dire que je ne suis pas à plaindre, que ça pourrait être pire, que je pourrais être en train de travailler à m'en fendre le crâne, de corriger des gratte-ciel de copies, de discipliner des étudiants ne sachant même pas épeler discipline ... D'autres m'en voudront de me lamenter le ventre plein alors que tant d'autres femmes tueraient pour avoir le ventre vergeturé. Finalement, certaines pourraient me reprocher de m'embêter alors qu'elles ont subit une grossesse si exigeante au niveau professionnel qu'un peu d'emmerdement aurait été le bienvenu. À vous tous je répondrai, je sais, je sais.

Mais n'empêche ... c'est plaaaaaaaate.

samedi 3 novembre 2012

Journée pédagogique, je t'aime.

Je me rappelle quand j'étais jeune, et moins jeune, ma mère pestait constamment contre les pédagos. Elle disait que nous étions tout le temps en congé et que les profs ne travaillaient jamais. Ça sentait un peu la jalousie, mais beaucoup la lassitude de devoir trouver une façon de veiller sur nous sans que sa banque de maladies y passe. Parfois un des deux représentants de l'autorité parentale demeurait à la maison et d'autres fois, lorsque nous étions chanceux, nous accompagnions maman au boulot. Nous passions la journée, le frérot et moi, à dessiner sur du papier format légal et à jouer au journaliste blasé sur la vieille machine à écrire. Ah! Que j'en ai découvert des scoops juteux et des histoires scabreuses sur la vie de Joe McIntyre.

Aujourd'hui je comprends mieux la nécessité de ces journées dites pédagogiques, mais que je qualifierais de salvatrices. Non seulement elle permettent aux enseignants d'échanger, de partager, de rattraper et d'avancer mais surtout elles permettent de sortir de l'isolation inhérente à notre métier. C'est lors de ces journées que les rires sont les plus francs, que les discussions sont les plus vraies et que la collégialité est la plus efficace. Ce sont des éclaircies dans l'ouragan de la fin d'étape. Ce sont des boutons pause dans le jeu vidéo de la scolarité. Ce sont des mises en quarantaine loin de la faune estudiantine.

Ce sont de ces moments qui nous permettent de ressouder les liens si précieux qui nous unissent et qui donnent à cette école une âme.

Pédagos, merci.

jeudi 1 novembre 2012

Ho! Ho! Heu?

Ce temps de l'année est revenu.

Oui, CE temps. Celui où le seul tintement d'une clochette emplit le coeur de certains ... et attise la hargne des autres. 1er novembre, date éthiquement minimale à laquelle l'industrie l'Industrie du vieillard barbu se permet de nous rabattre les oreilles avec ses annonces publicitaires racoleuses.

Ce n'est pas que la Corporation s'empêche de semer des fa-la-la ici et là avant la Toussaint fatidique, mais elle le fait avec parcimonie, délicatement, pour ne pas brusquer personne ... jusqu'au premier novembre, cette semaine  fatale où le Publi-Sac roule les yeux à la vue de sa taille élargie ainsi que de sa poignée qui s'amincit à porter un si lourd fardeau.

Effectivement, dans les jours qui suivent l'Halloween, immanquablement, tu ouvres le précieux sac d'aubaines et absente est ta surprise de voir que tous les Commerçants se sont donné le mot: les circulaires arborent des étoiles scintillantes, des boucles bouffantes et des sapins enneigés. Peu osent le Père Noël. Nous sommes encore dans l'évocation de l'Avant-Noël. La neige. Le froid. La nuit. Certains sont obscènes et vont jusqu'à mettre quelques cadeaux en coin de page, mais ce n'est pas le jeu du Détaillant moyen. Le Commerce aime bien jouer à l'agace. Il nous apprivoise jusqu'à nous faire rendre normal ce qui aurait outré nos grands-mères. (Même si Dieu sait qu'elles s'outraient d'un rien. Vous voyez, juste l'invocation du Saint Père aurait fait sourciller mon aïeule.)

Mais bon, trève de machinations socialistes, jusqu'à preuve du contraire, le système capitaliste est encore ce qui se rapproche du moins pire pour l'animal qu'est l'homme. La pub, le marketing ça fait partie de la game. D'la business. Si y'a des vendeur, c'est qu'il y a des acheteurs. Brassez un peu le consommateur compulsif en vous (et n'ayez crainte, je m'inclus dans le lot) au lieu de trucider le marchand de rêve.

Mais voilà encore que je m'égare.

Là où je voulais en venir, c'est que cette année ne faisant pas exception, il s'en trouve toujours pour redouter le temps des réjouissances et d'autres pour l'anticiper. Certains se languissent de réentendre Fernand Gignac roucouler (ah! quel homme!) et d'autres ne peuvent imaginer qu'il n'y ait pas une loi interdisant d'ériger de façon festive quelque conifère que ce soit avant décembre.

Et la guerre est déclarée.

Ce sera à celui qui réussira à faire aimer ou détester l'idée même de l'approche du temps des Fêtes à l'autre.

À quel moment devient-il sain d'évoquer Noël? Puisqu'il s'agit là d'une fête en décembre, pourquoi ne pas débuter avec le 1er décembre. Cela nous semble logique.

Le 1er décembre, je fais mon sapin. Et je décore la casba.

Ah et il ne faut pas que j'oublie de gâter l'héritier. Et l'amoureux alpha. Et la famille. Celle avec un grand F et l'autre avec un p'tit f. Mais pas tous là ... quand même. Bon.

Maintenant, la bouffe. Parce que ça mange, tout ce beau monde là, pendant les festivités! Hé! Pis ça mange bien à part de ça. Ben, en fait ça mange mal. Mais c'est un mal qui goûte le bien. Et du bon manger, ça se mijote un bon bout de temps à l'avance. D'abord dans nos têtes, puis lentement vers nos chaudrons et nos fours.

Ah mais vous ne m'y prendrez pas! Avant le premier décembre, pas question de siffloter des cantiques à la cuisinière. Je préfère, et de loin, profiter du moment présent. De ce frisquet mois de novembre. C'est l'avant-dernier mois de l'année tout de même, mieux vaut en apprécier chaque instant, n'est-il pas?

Ah! quel beau mois ... le froid qui sournoisement pénètre nos os et le soleil qui tout doucement s'éloigne, sa chaleur à la main. Je tiens à déguster absolument chaque seconde de ce temps de l'année. Le mois des morts, quel mois poétique.  Tout est gris, tout est humide, tout est gelé. La nature passe de l'état de mort cérébrale à celle de mort clinique. Un mois qui, à défaut de nous réchauffer le coeur, nous inonde de ses sueurs froides. Mort, partout la mort. Ah. Nous pourrions être tentés de nous réjouir dans l'anticipation des réjouissances à venir, mais non. Non! Repoussons cette Joie qui nous anime tous en période de festivités.

Je préfère jouir de novembre.

Ceci dit, je ne déteste pas non plus le sarcasme.

Avec tout le temps passé ici à philosopher sur cette question des plus existentielle, je n'ai même pas eu le temps de feuilleter le Méga Catalogue que Toys R us a envoyé à la demie-portion (c'était dans le courrier, et clairement, selon lui, ça ne m'est pas destiné). Il a déjà coché pas mal tout ce qui n'était pas rose.

... le décompte est commencé !

Joyeuses réjouissances, peu importe quand vous commencerez!







samedi 15 septembre 2012

D'utérus et de planif.

Je viens de terminer ma planification (trop) détaillée - merci au comité "Normes & modalités" de l'an passé grâce à qui cet extrait de zèle à été rendu nécessaire - et je savoure la coupe de la victoire. La direction dit qu'une planification aussi détaillée est essentielle à une transition efficace en cas d'absence prolongée d'un enseignant. Alors je me dis que c'est mon utérus qui travaille par ce bel après midi de congé. Il prépare le terrain pour un rapide retrait préventif. (M'inventer du staff qui travaille à ma place, no charge, ça évite de déprimer quand vient le temps de sacrifier une demi-journée de congé pour la Commission scolaire).

vendredi 14 septembre 2012

Y'a de l'espoir...

... je viens d'installer l'application Blogger sur ma tablette. Avec tout le temps que je perds à niaiser sur cette machine du diable, j'peux pas croire que j'en trouverai pas un peu pour bloguer. En tout cas là j'ai pu en trouver un peu, le temps que l'agent Ozo sauve le monde en trois p'tites étapes.

Si je pouvais me contenir aussi, j'écrirais plus souvent. Je prends toujours un gros deux heures (un p'tit trois heures) pour écrire mes billets. Si je venais y écrire quelques lignes (plusieurs mots) à chaque fois qu'une image de billet (qui vaut mille mots) me passe par l'esprit, je serais plus assidue. 

Cette fois-ci, je me suis piégée, j'ai décidé de commencer à écrire sachant pertinemment que je dois quitter dans quelques dizaines de minutes pour aller chercher le rejeton premier. Alors je suis limitée dans la tergiversation, j'écris comme ça vient. Ça me manque d'écrire. Je devrais ... 

... il faudrait que je compte le nombre de "je devrais" qui sortent de ma bouche à chaque jour. Il faudrait aussi que je compte le nombre de "faudrait". Je crois que je me ferais peur. 

Je disais donc que je devrais (je dois) écrire plus souvent. Ne serait-ce que pour pouvoir m'alléger l'esprit. Je viens d'avoir un flash qui me plaît parce qu'il va me faire paraître une ou deux générations plus jeune: je viens de me dire que ça serait vraiment le pied d'avoir une pensine comme Dumbledore. Une genre de grosse vasque qui me permettrait (on peut laisser faire la baguette) d'y déverser une partie de mon disque dur cérébral. 

Voilà donc, je me dis qu'il faudrait ben venir écrire quelques mots qui devraient être publiés plus souvent. 

Mais là, tout de suite, je me dis qu'il faut que j'aille chercher junior. 

... 

Hey! Ça marche! Un billet. Vingt minutes. Ka-chow.   

samedi 3 mars 2012

Relâche, jour 1. La désintoxication commence à peine.

Ce matin en me levant, le hamster s'est remit à courir. Les yeux clos, sans même avoir bougé d'un iota, je l'ai senti s'activer dans ma cervelle. Je l'aurais cru plus occupé à trouver le moyen d'oublier l'envie urgente d'uriner, mais non. J'imagine que c'est instinctif, chez les rats d'intérieur, cette propension à se faire aller le couraillage dès les premiers signes d'éveil. Je l'aurais bien étouffé dans son brin de scie, l'%$@*?! d'hamster, mais fiston est arrivé sur les entrefaites. Le calcul "brin de scie + fiston = grasse matinée" m'a aussi effleuré l'esprit mais l'équation "brin de scie + fiston = Claude Poirier outré" m'a rapidement ramenée à la réalité.

Faut souffrir pour être parent, paraît-il.

N'empêche, je ne pense pas que j'aurais pu me rendormir. J'suis encore trop intoxiquée. Ma première pensée ce matin a été pour cette élève, isolée parmi les seules, qui manifestement boycotte les effluves de propreté et a les cheveux plus gras qu'un réchaud de Mc Do. Elle m'a confiée hier (mais je suis certaine que vous-même vous vous en doutiez, juste à la description que j'en ai faite), à la dernière minute, de la dernière période, de la dernière journée avant la relâche, être victime d'intimidation. Je me suis demandée, ce matin, en me remontant la couette sous le menton, ce que je pourrais bien faire pour y mettre un terme. À la putride odeur d'adolescence évidemment, mais surtout à l'intimidation. (Que voulez-vous, c'est la mode, abolir l'intimidation. Ça tombe bien, le ministère de l'éducation (et de 3-4 autres patentes) ne savait plus comment abolir l'ignorance,  alors ils ont changé de cible. Voyez, je suis de mon temps.)

Come on Cath. T'es en relâche bâtard. Pense plutôt à la crêpe de la mort que tu pourrais te faire. Aux activités familiales dans lesquelles tu vas traîner fiston sous prétexte que c'est pour lui que tu les fait. À tous ces amis à qui tu as dit "Y faut! On s'appelle!" dans les six derniers mois années. À tous le ménage qui t'attends, au pire. Mais oublie l'école. Le temps d'une semaine (que dis-je, le temps d'un souffle, un battement de cil ... la relâche est si vite passée). Le temps de te désintoxiquer des problèmes des autres, de l'incongruité du système scolaire québécois, de l’Himalaya de boulot qui t'attends; des décos de Pâques à acheter pour décorer la classe (j'aime vivre dangereusement avec la religion) au prochain examen à bâtir (qui portera sur la christianisation de l'Occident. Dites pas à mon assureur que je pratique ce genre de sport extrême, des plans pour qu'il hausse ma prime d'assurance-vie). Le temps de te sevrer du rythme de vie effréné, des retenues à donner et des réunions auxquelles assister.  

Pas que ça me manque, détrompez-vous. Je veux dire, être prof, c'est comme être maman. On aime tous ça, mais même au resto, alors que tu veux faire le vide et te concentrer sur le moment présent pour savourer l'extase d'être en amis, devant une bonne bouffe, tu peux pas t'empêcher d'avoir des to-do qui te poppent dans cerveau. Une retenue à donner. Un parent à appeler. Un collègue à varloper. Un manuel à retrouver. ARGH!

Alors voilà, je me considère en désintox. Je me donne jusqu'à lundi pour vomir tout ce qui me reste de ma tâche enseignante dans le sang et redevenir un salarié blasé en vacances. Après lundi, si l'élève nauséabonde vient encore hanter mon esprit, j'aurai échoué. Ou peut-être pas, c'est selon.

dimanche 26 février 2012

Payer oui, mais payer moins et surtout mieux.

Sujet chaud s'il en est un, j'ai décidé d'aborder le lourd sujet de la hausse des frais scolaires par le gouvernement Charest. Non pas pour prendre position, mais bien pour essayer de me faire une tête en réfléchissant tout haut par écrit.

Tout d'abord, une chose est claire dans mon esprit: personne n'est contre la vertu. Tout le monde aimerait un accès plus facile et moins coûteux à l'éducation, cela va de soi. Une société qui prônerait la diplomation du plus grand nombre (non pas en nivelant vers le bas, comme c'est actuellement le cas) s'assurerait une main d'oeuvre de haut calibre, performant dans des secteurs bien rémunérés et créant ainsi un Québec concurrentiel sur le plan international, particulièrement au niveau des secteurs de pointe. Cet argument est souvent mit de l'avant par les associations étudiantes et autres défenseurs du statut quo. Dans un monde sans aucune autre contrainte budgétaire, ou autre variable économique, j'imagine que le Québec, société fondamentalement socialiste et de gauche, favoriserait une éducation de masse à bas prix. 

Là j'en vois déjà quelques-uns lever la main dans le fond de la classe et me répliquer un "Oui mais madame...". Attends ton droit de parole le jeune, c'est moi qui parle. Et tu sais quoi, je te vois venir avec ton "de meilleurs salaires engendrent une augmentation des impôts payés à l'État! Dans tes dents la pseudo-économiste fasciste". Ouais, t'as raison. Et tu sais quoi? Une augmentation des salaires des enseignants aussi, engendrerait une augmentation des impôts payés à l'État et je ne met pas le feu au Cégep du Vieux pour autant.  J'veux dire, tous les arguments économiques qui pourraient être servis dans ce débat n'aident en rien les partisans du maintient des frais au niveau actuel. Non, nous ne pouvons pas nous le permettre. Nous ne pouvons pas non plus nous permettre de subventionner l'entreprise privée et encore moins d'offrir des ressources à rabais et pourtant c'est ce que le gouvernement fait en ce moment (et ça ne date pas d'hier évidemment). 
Mais voilà, selon moi, d'aller chercher des revenus là où se trouve l'argent, dans les poches des grosses corporations et des sociétés étrangères exploitant nos trésors nationaux comme l'eau, le sol ou la forêt c'est une idée en or. Vraiment. C'est après que je déchante. Comment dépenser ces revenus dans le meilleur intérêt du plus grand nombre, selon vous?  En permettant une formation post-secondaire (je devrais même écrire post-cégepienne) à très faible prix? Ou en améliorant l'accessibilité aux soins de santé? Poser la question c'est y répondre. 

Remarquez, je trouve sauvage l'augmentation drastique telle qu'elle est envisagée en ce moment. Une augmentation moins importante faite sur le plus long terme serait préférable. Cependant je suis d'avis que tous devraient mettre l'épaule à la roue. Les étudiants y comprit. J'ajouterai que les parents des étudiants fréquentant des écoles secondaires privées devraient également mettre l'épaule à la roue et payer plus cher pour une éducation qu'ils ont choisie privée, mais ça c'est un autre débat. 

En écrivant ces lignes, j'ai un peu le symptôme de l'imposteur. Mes études ont été entièrement payées par la succession maternelle. Ma mère a financé mes études en chopant le mal du siècle, et c'est avec un chèque puant les métastases au poumons que j'ai pu rembourser les fameux frais. Pour payer le reste, l'appart et la boustifaille, j'ai dû scanner des cacannes pendant près d'une dizaine d'années. 

D'un autre côté, je contribue au remboursement du prêt étudiant de l'Homme, qui a payé une vingtaine de mille une AEC de quelques mois. Déjà près de dix ans qu'il paie cette dette scolaire. Dix ans et une montagne de frais d'intérêt qui lui auront permis d'accéder à un emploi valorisant et somme toute payant dans un secteur en pleine expansion. Un revenu sur lequel il paie des impôts. Comme quoi ce n'est pas la faiblesse des coûts qui est le facteur déterminant dans l'accès aux études post-secondaires mais bien la détermination d'accéder à un avenir meilleur. Mais assez de cette tranche de vie qui n'apporte rien au débat. 

Pendant que je vous écris ces lignes, je regarde fiston dialoguer avec ses dinosaures et je me demande quel avenir notre société lui réserve-t-elle. Il n'aura pas à payer ses études, ou du moins qu'une partie de celles-ci, puisqu'il aura eut la chance d'avoir des parents croyant à l'importance de la scolarisation et s'étant procuré des REEE. Cependant, il n'aura jamais la chance de raconter à tous ses amis les voyages dans le sud qu'il ne fera pas ni d'expliquer à ses copains la ride de motoneige qu'il n'a pas faite à son chalet. C'est un choix que nous avons fait. La vie est faite de choix alors que l'être humain est fait de besoins. Il faut départager les besoins importants de ceux qui le sont moins afin de faire les bons choix. Peut-être nous reprochera-t-il un jour de ne pas lui avoir procuré le même train de vie que ses pairs, mais ce sera (je l'espère du moins!) avec un diplôme en poche. 

samedi 18 février 2012

Toc! Toc?

You-hou? Z'êtes encore là?

Tiens, vous avez l'air d'être 2-3 dans un coin, à jouer de la guit' autour du feu, j'peux me joindre à vous? Du Bob Dylan? Blowin' in the wind en plus, ma préférée.

C'pas mal ça qui m'est arrivé dernièrement, le vent trop frais des derniers mois (ou serait-ce celui qui me met de la broue dans l'toupet?) m'a blowé à travers l'hiver, en équilibre sur le dos des corrections et des planifications de cours. Mais le le printemps se pointe et dans printemps il y a le mot "temps". Au printemps il faut prendre le temps. Tu peux courir pour passer à travers l'hiver le plus rapidement possible, mais au printemps, il faut savourer le temps.

Le temps, ma chère, le temps... je me rappelle, fusse-t'un temps, que j'avais dit à la blonde de mon frère que le temps il ne fallait pas essayer de le trouver, qu'il fallait le prendre, le saisir, qu'il était là, qu'il n'attendait que ça, qu'il ne suffisait que de recentrer ses priorités. Elle m'avait répondu que "c'était brillant tout plein tout ça" et avait regardé mon frère en ajoutant "Tiens tu devrais prendre exemple sur ta soeur". Leur relation était vouée à l'échec. Je crois que c'est quand même moi qui aujourd'hui retire le plus de bénéfice de cette relation; j'ai encore en ma possession un film de Blanche Neige, the limited, special, fuck top, remasterised, d'la mort edition, rien de moins môsieur, qui lui appartenait. Mon fils, qui porte le même nom que mon frère, l'adore. Le film là, pas l'ex qu'il n'a jamais même connu.  Si tu es là, Annie, en quelque part à 8 degrés de séparation sur nos comptes Facebook, je te salue!

Like a Rolling Stone? T'aime ça du Dylan toi hein? Non, moi ça me va, continue de gratter, je continue de jaser.

Ouais, fait que c'est pas mal ça, j'ai retenu mon souffle en entrant dans le temps des Fêtes (ça doit être pour ça que j'ai enflé un peu, c'est de l'air emmagasiné) et j'émerge peu à peu à la surface, pour voir si je ne verrais pas l'ombre d'un printemps. J'écris ça entre les 4 murs sans fenêtre de mon bureau, mais je le sens en moi. Je pense que nous sommes tous comme ça, les Québécois. Nous sentons le printemps entrer par toutes les pores de notre être avant même que la première hirondelle n'ait foulé le sol de notre atmosphère. Nous avons un sixième sens nous permettant d'humer la première brise de crocus avant même son apparition et pour capter sur notre peau le premier rayon de soleil précédant la période de solstice. Ouais, on est de même nous. Darwin avant raison, l'être humain s'adapte à son milieu et le Québec s'est tatoué dans toutes les fibres de ma personne au fil des générations. Et le Québec à son meilleur selon moi, c'est le printemps. Alors je m'arrête, heureuse d'un printemps, et je prend le temps de venir vous dire bonjour.

Lay Lady lay? Non, non, là y'a quand même des limites. Ta guitare, elle a le mode random?

The Cat Empire. J'aime le rythme, ça sent l'eau chlorée de la piscine et le gazon fraîchement coupé. Ah précieuse banlieue de mon enfance, je t'aime. Ok, on continue.

Donc le printemps, on sort dehors, on va prendre l'air, comme les éducatrices en garderie ces derniers temps. Celles à qui on reproche, comme on le reproche souvent aux enseignants, de coûter trop cher à l'État. D'exagérer dans leurs demandes. Après tout, elles ne font que s'occuper de nos enfants, c'est un jeu d'enfants ça, non? Eh bien non, justement. Demandez-le aux mères qui décident de demeurer à la maison avec leurs enfants, si c'est facile, si c'est une partie de plaisir. Les 2 ou 3 tiens ça va peut-être (et encore!), mais rajoutes-en 6 et leur lot de particularités et d'émotions. Moi en tout cas je préfère, et de loin, 30 boutonneux à 8 morveux et c'est pourquoi les éducatrices ont tout mon appui et ma solidarité: je me dis que s'il faudrait qu'on me paie cher pour le faire, pourquoi ne pas payer (plus) cher (lire: raisonnablement, comme ce qu'elles demandent) celles qui le font? J'veux dire, si la rémunération avait du sens, on paierait les employés des métiers les plus dangereux, les plus astreignants et les plus importants pour l'épanouissement de notre société mieux que les métiers insignifiants. Sérieusement, avec 10 millions, tu paierais Julia Roberts pour qu'elle sourit bêtement (encore!) dans un p'tit film d'amour cu-cul ou t'engagerais de 100 à 150 professionnels compétents pour combler les besoins primaires d'une population vieillissante? Le choix est clair n'est-ce-pas? Me semble qu'il est évident, du moins. Malheureusement Julia Roberts se pointera le minois vieillissant au grand écran (elle incarnera la méchante Reine -encore une cruelle belle-mère- dans l'un des deux remakes de Blanche-Neige à paraître cette année) alors que des journaux titrant "Et quoi encore" attisent la colère mal placée et la fausse indignation de la plèbe. C'est étrange comme des choix évidents au niveau personnel ne sont jamais les choix que nous faisons en tant que société. Personne n'a voté pour Charest et ils sont encore moins nombreux à avoir le goût de le voir là en ce moment (T'es-tu folle! Moi? Jamais.) mais pourtant il occupe encore le poste de premier citoyen du Québec. Leur combat pour plus de reconnaissance m'a coûté 2 journées (de congé) en tête à tête avec le fiston plutôt qu'avec ceux des autres et je les en remercie.  Rien n'est plus précieux à mes yeux que de veiller sur mon fils et ceux (il y a toute de même un éducateur au CPE! Et tout un en plus de cela!) et celles qui le font alors que je participe à l'épanouissement économique de ma patrie ont toute ma reconnaissance. Leur travail permet à des millions d'adultes d'accomplir le leur, ne l'oublions pas.

What a Wonderful World? J't'aime toi. Si tu n'étais pas seulement le fruit de mon imagination, tu serais également ma bibliothèque musicale. Quelqu'un a apporté des guimauves? ou des saucisses?

J'viens d'entendre le rejeton primaire se lever, il y a des petits pieds qui sautillent au-dessus de ma tête, probablement à la recherche de chocolat ou de dinosaures enfouis dans le creux de deux coussins. Je vais vous quitter pour aller profiter de ce samedi nuageux avec éclaircies à la température ressentie de -3 degrés Celsius. Je pense que cet après midi on va mettre les petites roues au traîneau et le transformer en chariot pour la belle saison. It's spring time baby!

Fix You? de Coldplay? Tu me prends par les sentiments parce que tu veux que je reste? C'est ça? Tu sais que je suis une fille facile quand il s'agit de Chris Martin. Gwyneth Paltrow le sait également, c'est pour ça qu'ils ne déménagent pas dans le coin. Sinon pourquoi ne pas emménager à Laval, nous sommes rendus avec un aréna! What about that! (...)

Joyeux printemps, gang. Allez mettre des p'tites roulettes sur votre vie et venez faire un tour dehors, ça fond!








 

mardi 29 novembre 2011

Une histoire de show

J'suis allée voir un show de Guy Nantel dimanche soir. (Ce sont mes fusses jadis profs de français qui seraient pas contents, même pas de sujet amené. Je vous lance ça de même là, à fret. Bang.) En fait je l'ai appris d'une façon toute aussi spontanée la semaine passée. Si vous permettez, je me gâterais aujourd'hui et je commencerais ça avec un ...

Il était une fois.

Il était une fois un soir de semaine surchargé de boulot (comme ils le sont tous cruellement ces temps-ci. À tous ceux qui pensaient éventuellement, qui sait, devenir enseignants: Run for your (social) life. Il est encore temps de prendre ses jambes à son cou et de fuir vers un autre monde. Un monde de temps supplémentaire compensé et de soirées libres. De regardage de téléroman sans culpabilité aucune et de fins de semaine sans correction. Oui, ça existe. On m'en a déjà parlé.) Je disais donc, mardi soir passé, lors de mon zieutage de Facebook quotidien (j'suis occupée, mais pas au point de pas procrastiner un peu, han! L'esclavage a été aboli, quand même.) je suis tombée sur l'offre du Courrier Laval (demain, le New York Times) de m'enlever les mots de la bouche en échange de 2 billets pour son spectacle (à Guy là, vous suivez?) La réforme Nantel, de dimanche soir dernier. René Homier-Roy et Grimaldi, tremblez!

L'envie de me lancer dans la critique artistique étant définitivement plus fort que moi (on se rappelle que je suis du sexe faible) je décidai de tenter ma chance dans le domaine et de participer au concours (c'est vite dit, nous étions quoi, 5-6 concurrents. Cette semaine, pour France D'Amours il n'y avait qu'un participant, qui l'a emporté automatiquement. Voyez l'genre? C'pas le Voir mettons.) intitulé "Critique d'un soir". Ça dit ce que ça dit. Ils te donnent deux (très bons, soit dit en passant) billets et tu ponds une critique du show. 300 mots. Un peu court, soit, mais je pensais pas non plus faire le front page de la semaine prochaine. Dans tous les bons publisacs. Alors je suis allée, j'ai vu, j'ai noté et je suis revenue dans mon domus.

Beau show. Y'est pas laitte, en vrai. (Note de l'auteur: ça c'est la "home" edition, j'ai pas écris ça dans le journal là. Ben voyons.) Il bouge pas beaucoup mais je vous dirais que c'est quasiment mieux de même. Il nous a fait 2-3 stepettes dans ce qu'il a osé appeler une chorégraphie (avec sarcasme, on s'entend) et il a même été jusqu'à faire semblant (j'en suis certaine, sont tous de même, à toujours vouloir en donner plus que le client en demande) d'entendre quelqu'un dans la salle crier "encore!" pour nous la refaire. 2 fois d'affilé. C'était peut-être une coche de trop. Ça et la finale émotive. On dirait que ça va de soi, dans un show d'humour de toujours chercher à avoir des p'tits moments plus "deep", jeux de lumière mode ambiance et musique qui ralenti sur fond de voix 3 octaves trop bas. Si j'avais voulu être émue, je me serais tété des billets pour Linda Lemay ou le p'tit Jérémie (hell yeah). Mais bon, ça doit être vendeur fait croire. Tant qu'à chialer, y'a une dernière chose qui m'a gossée un brin. Qu'il m'attaque dans mon moi profond pour remettre en question ce que je croyais avéré, en s'adressant à la foule, je suis là pour ça. Mais s'attaquer aux travers des ceussent qui ont aterri en premiere rangée, je trouve ça cheap un peu. Call me spectatrice-poule, mais je ne crois pas que cela ait tant ajouté au spectacle qu’il ramasse le p’tit vieux à la canne, la laitte (dixit Nantel, qui s’est repris en nous assurant qu’en fait il avait fait exprès de choisir une chick. Une pitoune. Une vraie.) l’autre tata pis la grosse à coups d’insultes sur leur apparence physique ou leurs capacités mentales. Il doit les répéter à tous les show ces échanges, se choisir un tata de service à chaque soir et c’est tout sauf personnel (c’est les affaires) mais reste que s’il avait fallu que ça tombe sur moi, je suis pas sûr que je l’aurais rit de bon cœur.

C’était cinglant et bien ciblé. Drôle, très drôle même.

Ah ça! Pour rire, j’ai rit! Je vous dirais même qu’avec tout ça j’ai fait le tour de la portion « Pis je vais varger sur les artistes ouais! Hey! – Yelo Molo » de cet article  parce que tout le reste n’est que positif, éclats de rires, dents bien séchées et mise au défi des muscles de mon périnée. J’ai vraiment adoré. Il m’a souvent éblouie par les liens qu’il fait entre tous les éléments de l’actualité. Il tire de partout, sur tout, mais toujours juste. Il sait nous faire réfléchir tout en nous faisant tordre de rire. C’est cliché, mais c’est ça pareil. Ses textes baignent dans des tabous complètement tabous comme l’homosexualité non-assumée d’Éric Salvail et de l’homme à la dame en bleue. (Je peux pas écrire son nom, ma défunte mère l’aimait trop. Elle doit me lire de là où elle est et elle en serait trop troublée. Respect.) Mais bref, vous voyez le topo? Il m’est arrivé à quelques reprises de me demander combien de plaintes/ courriels/ chialeux d’après show/ autres désagréables il devait se payer par semaine. Je me suis même demandée s’il payait des assurances, pour si jamais un zouf s’essayait de faire la piasse avec une ou deux poursuites. Bref, il est solide dans ses dénonciations.

Aujourd’hui j’écoutais Patrick Lagacé te jaser ça à Popaul Houde déplorer le fait qu’il n’y avait pas de relève dans le créneau qu’occupait RBO dans les années 80-90, pas d’héritier. Guy Nantel n’a plus grand-chose du jeune premier, mais je trouve qu’il emprunte le même ton mordant et que sa satire est dans la même veine que celle de RBO lorsqu’il nous fait rire de gêne, de honte, de malaise, mais surtout qu’il nous fait rire en criss. Bref, si j’avais une assiette à salir, j’écrirais un 8 dessus et je me filmerais pour vous la montrer en vous expliquant, un peu chaudasse, que j’ai passé une maudite belle soirée. Si j’ai fait ça comme une grande la critique paraîtra sous peu en ligne. Je vous tiendrai au courant.  

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Dans la section je montre un peu de peau : Je suis en train d’écouter Anaïs – l’album The Cheap Show en vous écrivant et il faut que je me confie. Barman, un double. Cette chanson elle m’arrache toujours un pincement au cœur, en me remémorant mon ex-p’tit copain et son manque flagrant de classe gentillesse lorsqu’il m’a annoncé, fusse une nuit, bien bourré, rentrant titubant au domicile conjugal après une chaude nuit de déhanchements en solo, qu’il me quittait pour une autre. Contrairement à Christina, une pute en blanc, celle-ci était une salope en chienne. De son cours de finition de meuble. Bref, je sais que je fais un détour par Natashquan mais tout ça pour vous suggérer d’écouter. C’est frais, c’est sensuel, c’est drôle, c’est vrai. J’adore. (Ouais je sais, c’est aussi français, mais ça va, vous allez voir.)  


samedi 12 novembre 2011

Il fusse t'un temps que je suise point venue.

C'est la fin de la première étape scolaire, beaucoup, et l'automne, un peu. Le manque d'inspiration, momentanément, mais le manque de temps, intensément. C'est la vie, assurément, et la conciliation travail-famille, politiquement.

L'étape étant oblitérée meilleure avant le 17 novembre, 16h, je devrais être de retour sous peu. Après la pause, genre.

dimanche 9 octobre 2011

Histoire de chat écrasé, mais pas.

Je me rappelle encore la fameuse émission de Garfield, que Ciné Cadeau nous rejoue à tous les ans (et il a intérêt) où l'on voyait l'obèse matou se réincarner 9 fois et ce, en différentes sortes de menous. Je pense suis certaine que Ciné-Cadeau joue un rôle immense dans l'aura de bonheur que j'ai brodé, année après année, autour du temps des Fêtes. Malgré les insipides épisodes de Tintin. Et ce n'est pas peu dire.
Je vous parle de tout ça ce soir parce que mon chat, Monsieur Smith premier du nom, s'est vraisemblablement fait frapper par une automobile hier soir, vers l'heure du souper. Dixit ma voisine. Nous étions, ma tripartite famille et moi-même, en train de déguster l'exquis souper que j'avais amoureusement préparé (d'où le "exquis") lorsque ma voisine est venue sonner à ma porte, me pressant de vérifier si mon squelettique félin se trouvait en quelque endroit, dans les méandres de ma chaumière. « De quessé? » que je lui demandai-je. « J’ai entendu un bang! » qu’elle me répondit. Et c’est alors que je compris qu’un jeune au volant d’un p’tit char sport rouge (Une Civic. Sommes-nous surpris? Je ne crois pas) avait percuté quelque chose de vivant, qui avait miaulé. Comme les jeunes du quartier n’ont pas l’habitude de miauler, nous en sommes venus à la conclusion qu’il s’agissait d’un p’tit minou. Probablement Mister Smith.

Nous avons fait le tour des endroits où la carcasse ensanglantée (forcément, puisque trois de mes voisins ont été extirpés de leur maisonnée en raison de l’intensité du bruit causé par l’impact) aurait pu r’voler, mais n’avons rien trouvé. Même pas une parcelle de cervelle. C’est donc un brin anxieuse que je suis revenue à la maison, imaginant mon foutu félin tentant de ravaler ce qui lui restait de trippes pour revenir à la maison sur ses 2 pattes et demi encore fonctionnelles.

Ouais, je sais, ce post est dégueu. 16 ans et moins s’abstenir.

Je dis « un brin anxieuse » parce qu’en fait, je ne l’étais pas tant que ça. Déjà quatre ans que l’Homme et moi avons quitté nos appartements pour déménager en banlieue (trentaine oblige) et que le minuscule matou est libre d’aller et de venir au gré de ses envies. Quatre ans donc que Monsieur Smith, dégossé et dégriffé, est confronté à tous les dangers présents dans notre environnement lavallois. Les piscines pleines d’eau, les déchainés tondeurs du dimanche et les killer-moufettes, entre autres.

Lorsque j’ai pris la décision de le laisser vagabonder comme le chien du même nom qui a bercé mon enfance, je me suis d’abord demandé ce qui serait le plus nuisible, pour lui. Se faire envoyer promener par une marmotte en manque de sensations fortes, ou regarder les saisons, et la vie en général, se rire de lui, penaud, sur le rebord de sa fenêtre. Je me suis alors dit que «ce que tu aimes il faut le laisser le libre. S'il te revient il est à toi, s'il ne te revient pas c'est qu'il ne t'a jamais appartenu » et je l’ai laissé aller se promener dans les parages. Habituellement, il ne va pas trop loin … un bronzage à entretenir en se couchant sur la toiture de notre piaule, un oiseau et/ou un mulot à assassiner (et évidemment à ramener à la maison), ou bien un autre matou à écœurer, le tout dans un rayon de moins de cent mètres de la maison. Au cours de ses folles aventures, il s’est déjà fait égratigner à deux reprises. De petites entailles qui se sont cicatrisées le temps de dire « si ça saigne encore tantôt tu vas être pogné pour aller chez le vétérinaire, l’gros! » et un percing qui a mal tourné, j’imagine, puisqu’un jour il est revenu avec une oreille un peu fendue. Bref, pour un mâle dont il ne reste de viril que le nom, il s’en tire plutôt bien. Évidemment, suite à ces blessures, le choix de rester à la maison ou pas a toujours été le sien. Il a une litière dans la maison et son plat de bouffe y est aussi. Il pourrait rester bien peinard au chaud, à se foutre de ma gueule quand je pars au boulot le matin, mais non. Il préfère vivre dangereusement que de vivre une vie de condamné. Et je ne peux pas lui en vouloir, j’ai moi-même choisi de devenir prof au secondaire.

Donc hier soir, j’étais inquiète soit, mais je lui faisais aussi confiance. Ces petites bêtes-là savent pas mal mieux que nous comment éviter de se mettre dans le pétrin. Mais c’est quand même avec une surprise évidente que je l’ai aperçu franchir, en fin de soirée, la porte-patio que nous avions laissée entrebâillée pour la cause. Le pare-choc encore étampé dans les côtes. Il avait l’air craintif, mais fier. Il marchait la tête haute, le pas incertain, comme encore sonné de sa promenade aérienne. Après une inspection sommaire (lire: une séance de taponnage en règle) du magané matou, et son lot de caresses et de bisous, l’Homme et moi en sommes venus à la conclusion que la bête était bel et bien encore en vie. Et en un morceau. Tout semblait à la bonne place et une légère odeur d’huile usée flottait dans l’air. Encore aujourd’hui il se pavane, le pelage d’une blancheur éclatante entaché d’une trace de jus de Civic sale. Je n’ai pas osé le laver, je me suis dit que ça faisait beaucoup trop d’émotions fortes dans les mêmes 24h. Demain il va y goûter, mais aujourd’hui je lui donne la journée off.

Je n’ai pas vu l’impact, mais à en croire le p’tit monsieur d’en face, ça aurait fessé assez fort pour qu’il m’obstine que selon lui, c’était un enfant qui avait mangé le coup. Un impact violent et soudain. Pourtant, ce que j’ai vu roulé en boule sur mon lit tout à l’heure, n’a rien des chats psychopathes de Pet Cemetery.  Il n’est pas revenu des morts, il n’est tout simplement pas mort. Ni même blessé. En. Pleine. Forme.
J’en suis donc venue à la conclusion que soit Dieu existe, soit X-Men est basé sur un fait vécu et j’héberge sans le savoir le super-héros de la gent féline. C’est selon.